REPLAY - Le président rwandais Paul Kagame s'exprime depuis Kigali

28 Mai, 2021, 10:45 | Auteur: Jonathan Ford
  • Le nouveau centre culturel francophone du Rwanda qui vient d'ouvrir à Kigali

"La France " n'a pas été complice " mais elle a fait " trop longtemps prévaloir le silence sur l'examen de la vérité", a-t-il déclaré dans ce discours.

Pendant une centaine de jours après l'attentat contre l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, plus de 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par l'armée et les milices hutues rwandaises interahamwe, selon un décompte de l'Onu.

Le président français n'a pas formulé d'excuse ou de repentance de la France.

"La France n'a pas été complice", a néanmoins insisté le chef de l'Etat". Le Président a ainsi conclu son discours: "Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don alors de nous pardonner" Et de finir par ce mot "Ndibuka" qui signifie "je me souviens". Son homologue rwandais Paul Kagame a qualifié le discours de Macron d'acte d'"immense courage" qui a "plus de valeur que des excuses".

Emmanuel Macron a reconnu jeudi à Kigali des "responsabilités" de la France dans le génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda, mais il n'a pas présenté d'excuses et a récusé toute complicité volontaire.

"La normalisation de nos relations ne peut s'engager sans cette étape", alors que la France est actuellement représentée à Kigali par un chargé d'affaires, a déclaré le Président de la République au cours d'une conférence de presse avec son homologue Paul Kagame.

Emmanuel Macron devrait concrétiser ce réchauffement en proposant le retour d'un ambassadeur de France et en inaugurant un centre culturel francophone. Il ne l'a pas fait.

Le président français avait auparavant signé le livre d'or du mémorial Gisozi et déposé une couronne de fleurs blanches en mémoire des 250.000 victimes du génocide des Tutsis qui y sont ensevelies.

Toutefois, a-t-il ajouté, le président Macron "a vraiment essayé d'expliquer le génocide, comment ça s'est passé, ce qu'ils n'ont pas fait, leurs responsabilités (.) C'est très important, ça montre qu'il nous comprend". Une première depuis 2015. Françoise Joly, envoyée spéciale et directrice de l'information de TV5MONDE revient sur les enjeux de la visite présidentielle française au Rwanda. Le sang qui a coulé n'a pas déshonoré ses armes ni les mains de ses soldats qui ont eux aussi vu de leurs yeux l'innommable, pansé des blessures, et étouffé leurs larmes", a assuré le président français, mais, a-t-il poursuivi: "la France a un rôle, une histoire et une responsabilité politique au Rwanda.

Pour les deux chefs d'Etat, solder le passé permettrait d'ouvrir enfin "une nouvelle page", alors qu'Emmanuel Macron souhaite voir la France peser davantage en Afrique de l'Est, essentiellement anglophone, et non plus seulement en Afrique de l'Ouest.

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