Loukachenko accuse la communauté internationale d'avoir franchi des "lignes rouges" — Biélorussie

26 Mai, 2021, 18:36 | Auteur: Aubrey Nash
  • Echange de vues entre Charles Michel et Ursula von der Leyen sous le regard attentif du chancelier autrichien Sebastian Kurz

Les autorités bélarusses ont l'habitude de diffuser des confessions de détracteurs du régime filmées sous la contrainte.

Selon l'Union européenne, les Etats-Unis et l'opposition bélarusse, l'alerte à la bombe était un subterfuge pour arrêter l'opposant.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait justifié son interception du vol mercredi devant le Parlement, en disant sans autres précisions que le Bélarus avait reçu l'information qu'une bombe se trouvait à bord du vol de Ryanair de la Suisse, selon l'agence dpa.

Lorsque le pilote a demandé de qui venait la " recommandation ", le tour répond " ce sont nos recommandations ".

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mercredi en milieu de journée une réunion informelle d'urgence à huis clos sur le sujet, ont indiqué à l'AFP des sources diplomatiques.

Le dissident et sa compagne sont apparus dans des vidéos tournés en prison où ils confessent leurs crimes.

Face au tollé international suscité par ces arrestations, M. Loukachenko s'en est pris à ses "adversaires de l'étranger et à l'intérieur du pays", dénonçant leurs méthodes "dépassant les limites de l'entendement et de la morale humaine". Mardi encore, sept opposants dont le chef d'un parti d'opposition, Pavel Severinets, ont été condamnés à des peines de quatre à sept ans de prison pour leur rôle dans des "troubles massifs", référence au mouvement de contestation de 2020.

Le chef de l'État a dénoncé une "guerre hybride moderne" contre son pays, qui est un "théâtre d'expérimentation pour ensuite aller vers l'Est". Pareille attitude peut sans doute s'expliquer par le sentiment d'impunité que le dictateur de Minsk a pu ressentir à la vue des sanctions très mesurées que les Européens ont opposées ces dernières années aux agissements hors Russie de son "ami" Vladimir Poutine: l'annexion de la Crimée ukrainienne en 2014, le soutien à un coup d'Etat proserbe avorté au Monténégro en 2016, la tentative d'empoisonnement de l'ancien agent double Sergueï Skripal en 2018 au Royaume-Uni, ou la révélation, en avril de cette année, de la destruction, par des agents du GRU, le service de renseignement militaire russe, en 2014, d'un entrepôt d'armes ayant fait deux morts en République tchèque.

Natalia, 46 ans, la mère du photographe et militant, dit n'avoir pas dormi depuis deux nuits, serrant son téléphone dans ses mains, dans l'espoir de recevoir des nouvelles. Une théorie peu crédible pour Angela Merkel.

La transcription de l'échange entre les contrôleurs et le pilote, publiée mardi par Minsk, montre que les autorités ont insisté pour que l'appareil se pose au Bélarus et non pas dans des pays voisins. Sauf à tabler que l'acte de piraterie de Minsk, approuvé par Moscou, marque un tournant dans la diplomatie européenne sur son flanc oriental.

Quelque 88 personnes, dont Alexandre Loukachenko, et sept entités ont déjà été sanctionnées par une interdiction de voyager dans l'UE et un gel des avoirs pour la répression de l'opposition et la présidentielle du 9 août 2020, jugée "truquée" par les Européens.

Recommande: