Antarctique : le plus gros iceberg au monde s'est détaché de la banquise

20 Mai, 2021, 20:35 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Le plus gros iceberg existant se détache de l'Antarctique

Les images de l'énorme bloc de glace A-76 ont été prises par le satellite Sentinel-1 dans le cadre du programme européen d'observation de la Terre Copernicus. Jusqu'au A-76, le plus gros iceberg était le A-23A, un iceberg de 3 380 km2 dérivant dans la mer de Weddell, selon l'ESA. Cela aurait débuté le 13 mai de la barrière de Ronne, selon le Centre national américain sur les glaces. Le morceau de glace couvre une superficie de 4 320 kilomètres carrés, ce qui en fait le plus grand iceberg existant au monde. Après un voyage de trois ans, cet iceberg s'est finalement éteint en avril, se morcelant en blocs trop petits pour être suivis. Des débris flottent encore dans l'océan Atlantique Sud. Il a été initialement repéré par le British Antarctic Survey (BAS), un organisme de recherches britannique sur les zones polaires qui a une base non loin.

La formation des icebergs est un processus naturel que le réchauffement de l'air et des océans contribue cependant à accélérer, selon les scientifiques.

" Nous savons que l'océan autour de l'Antarctique se réchauffe en raison du réchauffement climatique, mais la mer de Weddell, où se trouve l'iceberg A76, ne subit pas ce réchauffement en ce moment", renchérit Alex Brisbourne, estimant par exemple que des glaciers dans d'autres parties de l'Antarctique, comme celui de Thwaites, en sont eux victimes, accélérant la décharge de la glace vers la mer. La planète a déjà gagné plus de 1°C depuis l'ère pré-industrielle à cause de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre provoqués par les activités humaines.

Cet iceberg, appelé A68, s'était séparé d'une gigantesque plateforme de glace, nommée Larsen C, la privant de 12% de sa superficie et la rendant ainsi plus instable.

Ce n'est pas la première fois que des blocs de banquise se détachent en Antarctique.

" La désintégration régulière de barrières de glace sur la côte est de la péninsule antarctique est liée au réchauffement de l'atmosphère vers le sud ces 50 dernières années", a commenté dans un communiqué le BAS, qui participait à l'étude.

" Dans le même temps, les courants océaniques chauds se sont accentués, affaiblissant les barrières de glace par en dessous", a-t-il ajouté.

Invité de franceinfo ce jeudi, le climatologue Jean Jouzel a indiqué que "chaque année, l'Antarctique perd presque 200 milliards de tonnes de glace".

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