Minneapolis sous haute tension après la mort d'un jeune Afro-Américain

14 Avril, 2021, 10:07 | Auteur: Jonathan Ford
  • Dans le procès du meurtre de George Floyd l’avocat de Derek Chauvin a appelé à la barre un ex-policier ayant interpellé Floyd un an avant le drame

Taser! Taser! Taser!, peut-on entendre Kim Potter crier dans l'enregistrement rendu public lundi.

"Les manifestations pacifiques sont compréhensibles" après la mort "tragique" de Daunte Wright, avait commenté plus tôt dans la journée le président démocrate Joe Biden, se disant conscient de "la colère et la douleur" vécues par les Afro-Américains.

Le maire de Brooklyn Center, Mike Elliott, a parlé d'une "tragédie" et décrété un couvre-feu nocturne pour "que tout le monde soit en sécurité". Ils se sont alors aperçu qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt et ont alors tenté de l'interpeller. "Ce qu'il s'est passé" dimanche à Brooklyn Center, une banlieue de Minneapolis, "est vraiment tragique mais je pense qu'il faut attendre de voir ce que nous dira l'enquête", a-t-il déclaré aux journalistes depuis le Bureau ovale. Un bref extrait de la vidéo enregistrée par la caméra piéton de l'agent a montré George Floyd manifestement agité mais qui obéit finalement aux ordres des policiers et sort de la voiture sans opposer de résistance. L'agente a " sorti son arme à feu à la place de son Taser ", un pistolet à impulsion électrique censé être non létal, a déclaré le chef de la police locale. A la place, un coup de feu résonne. La voiture continue de rouler quelques centaines de mètres avant de heurter un autre véhicule.

Le véhicule de Daunte Wright, qui roulait avec sa petite amie, a été stoppé pour un contrôle routier. Elle était "expérimentée" d'après Tim Gannon, et a été mise en congé à la suite du drame. Le chef de police de la ville lui a emboîté le pas. Des échauffourées ont opposé les manifestants et les forces de l'ordre, et une vingtaine de magasins ont été pillés, selon les autorités locales qui ont arrêtés une trentaine de personnes. Des centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le poste de police de Brooklyn Center, au nord-ouest de la ville et la police a fait usage de gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour disperser la foule.

"En attendant, je veux le redire clairement: il n'y a absolument aucune justification, aucune, aux pillages", a-t-il ajouté, tandis que la région est déjà sous haute tension puisque c'est à Minneapolis que se déroule le procès de Derek Chauvin, le policier blanc accusé du meurtre de George Floyd l'an dernier.

La mort de ce quadragénaire afro-américain, immobilisé pendant de longues minutes sous le genou de cet agent, avait été à l'origine d'une vague historique de manifestations antiracistes aux Etats-Unis.

Dans ce climat tendu, l'avocat de Derek Chauvin avait demandé de placer les jurés à l'écart pour empêcher qu'ils subissent des pressions.

Peu avant 21 h, près de deux heures après l'entrée en vigueur du couvre-feu, des dizaines de manifestants continuaient de brandir leurs pancartes et de scander des slogans - tout en s'abritant de la pluie sous des parapluies et des capuches - face au commissariat de la ville de Brooklyn Center.

"Je comprends qu'il y ait des troubles civils" mais "je ne crois pas que cela soit un motif d'inquiétude supplémentaire", a répondu le magistrat.

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