L'Iran accuse Israël d'une attaque sur un centre nucléaire et crie "vengeance"

13 Avril, 2021, 03:56 | Auteur: Jonathan Ford
  • Vue aérienne du centre nucléaire de Natanz dans le centre de l'Iran le 28 janvier 2020 fournie par Maxar Technologies

Les services secrets israéliens ont accusé lundi 12 avril l'Iran de créer de faux comptes féminins sur Instagram pour appâter et kidnapper des ressortissants de l'État hébreu, après que Téhéran a promis de riposter à une attaque contre son complexe nucléaire de Natanz qu'il impute à Israël. "Cette action reflète (...) l'échec des opposants aux négociations (...) pour lever les sanctions cruelles" des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, a-t-il ajouté, en référence aux négociations en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les Américains dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018.

Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Behrouz Kamalvandi a semblé minimiser l'événement en déclarant lundi que "le centre de distribution d'électricité" de l'usine de Natanz, dans le centre du pays, avait été touchée par une "petite explosion", vers "cinq heures du matin" (00H30 GMT) dimanche. Il a fait état de dégâts "rapidement" réparables et présentés comme mineurs contrastant avec des propos du chef de l'OIEA, Ali-Akbar Saléhi, rapportés plus tôt par l'agence Fars, et selon lesquels "le système électrique de secours" de l'usine avait dû être mis en marche lundi.

Samedi, le président iranien, Hassan Rohani, a inauguré, à distance, la nouvelle usine d'assemblage de centrifugeuses de Natanz et donné l'ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses.

La visite de M. Austin se déroule en parallèle de discussions à Vienne entre l'Iran et les autres États parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) sur la façon de réintégrer les États-Unis au sein de ce pacte conclu dans la capitale autrichienne. Il a l'intention de remplacer les centrifugeuses endommagées par des centrifugeuses plus avancées, selon les déclarations de lundi. "Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions", aurait-il déclaré de même source lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz. Les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont dénoncé unilatéralement en 2018 l'accord international de 2015, rétablissant les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

Téhéran accuse Israël d'avoir saboté un centre nucléaire et crie
Monde Téhéran accuse Israël d'avoir saboté un centre nucléaire et crie"vengeance

Téhéran, qui s'est toujours défendu de vouloir construire des armes nucléaires, s'était quant à lui libéré en 2019 des engagements qui limitaient sa production nucléaire, notamment ses activités d'enrichissement d'uranium.

Le site de Natanz constitue le cœur du programme d'enrichissement d'uranium de la république islamique d'Iran et il est surveillé par les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dépend des Nations unies.

De son côté, l'Union européenne a indiqué que "toute tentative de saper les discussions en cours à Vienne doit être rejetée", plaidant pour que "les circonstances" de ce qu'il s'est passé à Natanz "soient clarifiées très vite". Moscou a dit espérer "que ce qu'il s'est passé (à Natanz) ne sapera pas les consultations qui prennent de l'ampleur". Le Qatar, émirat arabe entretenant de bonnes relations avec Téhéran, a condamné "fermement" ce qu'il a qualifié de "dangereux acte de sabotage". Ma politique en tant que Premier ministre d'Israël est claire: je ne permettrai jamais à l'Iran de se doter de la capacité nucléaire nécessaire pour atteindre son objectif génocidaire d'éliminer Israël.

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