L’Iran essuie une attaque terroriste contre la principale centrale nucléaire du pays

13 Avril, 2021, 07:50 | Auteur: Aubrey Nash
  • Israël veut mettre en péril les plans nucléaires iraniens

La République islamique d'Iran a accusé Israël, lundi 12 avril, d'être derrière l'attaque ayant visé la veille son usine d'enrichissement d'uranium à Natanz, dans le centre du pays, et a promis une "vengeance", "en temps et en heure".

Les centrifugeuses visées par ce sabotage permettraient d'enrichir de plus grandes quantités d'uranium à des niveaux de raffinement interdits par les accords de Vienne de 2015 qui encadrent le programme nucléaire iranien.

L'Union européenne a rejeté lundi "toute tentative de saper les discussions en cours à Vienne" sur l'accord nucléaire avec l'Iran et demandé des clarifications sur l'incident à l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, selon Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne. "Avec cette action, le régime sioniste a bien sûr essayé de se venger du peuple iranien pour la patience et la sagesse dont il a fait preuve [en attendant] la levée des sanctions", a fait remarquer le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh.

Un communiqué du chef de l'OIEA Ali-Akbar Saléhi, diffusé par la télévision d'Etat, annonce en début de soirée que l'"accident" est en fait un acte de "terrorisme antinucléaire" mais sans fournir le moindre détail sur la nature exacte de cette attaque ni sur ses conséquences.

La réponse de l'Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l'endroit opportuns.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif indique pour sa part que l'incident est un acte de " terrorisme nucléaire ". "Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions", aurait-il déclaré, selon la même source, lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz.

Les Etats-Unis ont dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

M. Biden a déclaré qu'il était prêt à réintégrer l'accord, donc à lever les sanctions après négociations. En juillet, une usine d'assemblage de centrifugeuses avait été gravement endommagée à Natanz par une mystérieuse explosion. En riposte, l'Iran s'est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu'il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Le pouvoir iranien a toujours nié vouloir la bombe atomique mais le Premier ministre israélien accuse Téhéran de chercher à s'en doter. Les autorités ont conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

" Nous allons travailler de concert avec notre allié américain afin de nous assurer que tout accord avec l'Iran protégera les intérêts vitaux du monde et des États-Unis, en évitant une dangereuse course à l'armement dans notre région, et protégera l'État d'Israël", a affirmé M. Gantz à la fin de leur entretien, selon un communiqué de son bureau.

"Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (.) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne. Les informations ayant permis d'étayer cette accusation contre l'Iran "ne peuvent être partagées avec les médias", a déclaré à l'AFP un haut responsable israélien ayant requis l'anonymat.

Recommande: