Génocide au Rwanda : Macron a reçu un rapport qui accable la France

27 Mars, 2021, 22:23 | Auteur: Jonathan Ford
  • Un réfugié tutsi et un parachutiste français dans le camp de réfugiés de Nyarushishi le 29 juin 1994

Un bémol qui n'a pas échappé à Hubert Védrine, secrétaire général de la présidence française au moment du génocide, qui a salué "l'honnêteté" du rapport et souligné qu'il "écarte toute complicité de la France".

La commission présidée par l'historien Vincent Duclert a été mise en place en 2019 par M. Macron, qui s'est illustré par sa volonté de faire évoluer certains dossiers mémoriels délicats.

Le rôle central de MitterrandLe rôle de François Mitterrand, président de la République à l'époque, est particulièrement pointé du doigt. " Mais elle est demeurée " aveugle à la préparation d'un génocide par les éléments les plus radicaux " du régime du président rwandais Juvénal Habyarimana dont l'assassinat, le 6 avril 1994, est considéré comme le début des massacres commis par les Hutus".

La France a-t-elle eu un rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda au cours duquel près d'un million de Tutsis et de Hutus modérés ont été assassinés? Et ce, " en dépit des alertes lancées depuis Kigali, Kampala ou Paris ". C'est ce que François Mitterrand souhaite avec le sommet de La Baule.

Génocide la France a
France Génocide la France a"failli au Rwanda selon un rapport remis à Macron France Génocide la France a"failli au Rwanda selon un rapport remis à Macron

Cette relation, doublée d'une obsession de faire du Rwanda un territoire de défense de la francophonie face aux rebelles tutsi réfugiés en Ouganda a justifié "la livraison en quantités considérables d'armes et de munitions au régime d'Habyarimana, tout comme l'implication très grande des militaires français dans la formation des Forces armées rwandaises" gouvernementales.

Dès octobre 1990, date d'une offensive du FPR (Front patriotique rwandais, ex-rébellion tutsi dirigée par Paul Kagame, devenu président du Rwanda), Paris prend fait et cause pour le régime Habyarimana.

L'arrivée en 1993 d'un gouvernement de droite -la France entre en "cohabitation"- ne modifiera pas fondamentalement la donne, malgré des affrontements parfois "impitoyables" entre l'Elysée et le gouvernement du Premier ministre Edouard Balladur, beaucoup moins enclin à l'engagement français au Rwanda. "Elle a réagi tardivement " avec l'opération militaro-humanitaire Turquoise entre juin et août 1994, " qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide", ajoutent-ils. Il est aussi l'objet d'un débat violent et passionné entre chercheurs, universitaires et politiques.

Recommande: