La Chine sanctionne plusieurs responsables européens

23 Mars, 2021, 01:53 | Auteur: Jonathan Ford
  • Josep Borrell le Haut représentant de l'UE à son arrivée à la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi à Bruxelles

Au cours de leur réunion, les Européens ont, par ailleurs, approuvé des sanctions contre onze personnalités birmanes, dont le chef de la junte militaire au pouvoir en Birmanie, le général Min Aung Hlaing, neuf des plus hauts gradés des forces armées ainsi que le président de la commission électorale, pour la répression menée dans le pays depuis le coup d'État. L'Union européenne a imposé ce lundi des sanctions contre quatre responsables chinois de la région du Xinjiang pour leur rôle dans la persécution des Ouïghours, cette minorité musulmane sévèrement réprimée. La France a qualifié d'"inacceptables" certains de ses propos, notamment à l'encontre de parlementaires, ainsi que les mesures de rétorsions annoncées par Pékin.

"L'ambassade est invitée à s'y conformer strictement", a-t-elle ajouté. Egalement leurs avoirs détenus dans l'Union européenne seront gelés.

Et de poursuivre: "Les propos de l'ambassade de Chine en France et les actions contre des élus, chercheurs et diplomates européens sont inadmissibles".

"Ce n'est pas en s'en prenant à la liberté académique, à la liberté d'expression et aux libertés démocratiques fondamentales, que la Chine répondra aux préoccupations légitimes de l'Union européenne, ni qu'elle nourrira le dialogue avec les 27", a déclaré Agnès von der Mühll.

Elles visent notamment le directeur du Bureau de la sécurité publique du Xinjiang, Chen Mingguo, accusé de "graves atteintes aux droits de l'homme", de "détentions arbitraires et traitements dégradants infligés aux Ouïghours et aux membres d'autres minorités ethniques musulmanes, ainsi que d'atteintes systématiques à leur liberté religieuse".

Le Royaume-Uni a aussi imposé des sanctions contre quatre responsables chinois et contre une entreprise du secteur de la construction.

Ces décisions inédites s'appuient sur le nouveau cadre dont s'est dotée l'UE, fin 2020, pour condamner les violations des droits de l'homme dans le monde et qui s'inspire de la loi Magnitski. En effet, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont homologué l'inscription de quatre dirigeants et d'une organisation de la région chinoise du Xinjiang sur la liste des sanctions pour les violations des droits de l'homme.

Le 17 décembre dernier, le fondateur du parti Place publique avait prononcé un discours à Bruxelles au sujet du sort réservé à la communauté musulmane ouïghoure, accusant Pékin de procéder à et son "éradication".

Pékin a également annoncé avoir décidé des sanctions en représailles contre quatre entités et dix responsables européens, interdits de séjour en Chine continentale, à Hong Kong et à Macao et de faire des affaires en Chine.

Le Quai d'Orsay a indiqué qu'il convoquait également l'ambassadeur de Chine pour protester contre la décision de Pékin d'imposer des sanctions contre plusieurs Européens, dont des parlementaires tant européens que français nationaux, dont l'eurodéputé français Raphaël Glucksmann.

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