Le Parlement européen lève l'immunité de l'indépendantiste Carles Puigdemont — Catalogne

10 Mars, 2021, 09:52 | Auteur: Jonathan Ford
  • Catalogne Carles Puigdemont dénonce une persécution politique

L'eurodéputé indépendantiste catalan Carles Puigdemont a réagi à sa levée d'immunité décidée par le Parlement européen.

La vie de M. Puigdemont va devenir "compliquée", car privés de l'immunité dont jouissent les parlementaires européens, lui et ses anciens "ministres" Toni Comin et Clara Ponsati "ne sont plus protégés", a expliqué mardi à l'AFP un responsable du Parlement européen. C'est pas mal. On a perdu la bataille parlementaire, mais on a gagné la bataille politique."Dans l'immédiat, cette décision risque de restreindre la liberté de mouvement de Carles Puigdemont, qui s'est rendu à plusieurs reprises en France, à la frontière avec l'Espagne, depuis qu'il avait obtenu l'immunité parlementaire européenne.Cette levée de l'immunité des eurodéputés ouvre la voie à un nouvel examen par la justice belge des demandes d'extradition émises par l'Espagne à l'encontre de MM". Puigdemont et Comin. Ces deux hommes vivent en Belgique depuis 2017 pour échapper aux poursuites espagnoles.

Pour Clara Ponsati, les autorités judiciaires d'Écosse, où elle vivait, avaient également suspendu la procédure de levée de son immunité parlementaire.

L'ancien président de la Catalogne ne se faisait toutefois pas beaucoup d'illusions. Une majorité de 354 voix sur 705 était nécessaire. Puigdemont et Comin, s'ajoute l'accusation de " détournements de fonds publics ". "Le vote d'aujourd'hui porte sur les valeurs que nous défendons, l'idée que nous nous faisons de la démocratie et l'avenir que nous voulons construire en Europe ", avait averti Carles Puigdemont dans un message sur son compte Twitter.

Les trois eurodéputés sont poursuivis pour sédition et, dans le cas de MM. Ils estiment que la Cour suprême espagnole n'est pas compétente pour une telle demande.

Une récente décision de la cour d'appel de Bruxelles a toutefois de quoi rassurer les indépendantistes, rapporte notre correspondante en Belgique, Joana Hostein. Et les tribunaux belges ont refusé en janvier d'exécuter un mandat d'arrêt européen visant un autre ancien ministre régional indépendantiste, Lluis Puig, mettant en avant un " risque sérieux de violation " de son " droit à un procès équitable " en Espagne.

Tandis que Madrid s'est félicité du vote, affirmant qu'il montrait que "les problèmes de la Catalogne se résolvent en Espagne".

"C'est la ligne qu'a adoptée le gouvernement espagnol, celle de tendre la main aux forces politiques catalanes pour trouver une solution par le dialogue et la négociation", a-t-elle conclu. La levée de l'immunité le ressuscite. Madrid peut relancer un mandat d'arrêt européen.

C'est la raison pour laquelle ils avaient entamé une action devant le Tribunal général d'Espagne.

Mais d'ores et déjà, l'affaire Puigemont cause une grande division au sein du gouvernement de coalition. En effet, la levée de l'immunité permet de réactiver les procédures d'extradition contre les trois eurodéputés réclamés par la justice espagnole depuis leur fuite de Catalogne en 2017.

Rappelons que l'ancien vice-président régional catalan Oriol Junqueras, resté au pays, a été condamné à 13 ans de détention. Les eurodéputés doivent se prononcer à bulletins secrets dans la soirée.

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