Le pape en Irak : un voyage risqué mais plein d’espoir

05 Mars, 2021, 15:25 | Auteur: Sue Barrett
  • Irak: le pape François attendu comme le messie

L'avion du pape François a décollé ce vendredi matin, de l'aéroport de Fiumicino, à Rome. Un pays occupé en partie par le groupe État islamique entre 2014 et 2017 et ravagé par les exactions et les destructions du terrorisme islamiste.

Le chef de l'Église catholique qui a déclaré qu'il effectuerait la toute première visite papale en Irak en tant que "pèlerin de la paix", tendra également la main aux musulmans chiites, en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde. Aujourd'hui, il est vraiment décidé, avec beaucoup d'enthousiasme, parce que l'Irak est important pour lui: "c'est le berceau de la civilisation ancienne et les chrétiens ont beaucoup souffert" affirme le cardinal. Sur quoi ce type d'entretien peut-il déboucher? En 2015, François avait soufflé ses gardes du corps en visitant une mosquée de Bangui, en République centrafricaine, alors assiégée par des milices chrétiennes.

Ce premier voyage en quinze mois permettra au pape d'aller à la rencontre d'une petite communauté aux "périphéries" de la planète, de loin ce qu'il préfère. "À Nadjaf, au sud de la capitale, ils ont installé un poster géant sur un immeuble de onze étages, avec des portraits du Saint-Père et du Grand Ayatollah al-Sistani, figure de l'islam chiite", sourit ce membre fondateur du Conseil irakien pour le dialogue interreligieux.

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil (Kurdistan irakien), où il doit célébrer une messe dans un stade. Il se rendra à Mossoul et Qaraqoch, deux villes marquées par les destructions de l'OEI. C'est donc par un premier geste à l'adresse de ces chrétiens martyrisés, opprimés et chassés de leur terre que débuteront les festivités.

La communauté chrétienne d'Irak était constituée d'environ 1,5 million de personnes avant l'invasion des États-Unis en 2003 qui a chassé du pouvoir le dictateur Saddam Hussein.

Comme à chaque fois, François commencera vendredi par un discours devant les dirigeants irakiens.

Un appel au retour "obligatoire", mais "difficile", convient le cardinal Sandri, tant l'Irak va depuis quarante ans de guerre en crise politique ou économique.

Selon la fondation "Aide à l'Eglise en détresse", seuls 36.000 des 102.000 chrétiens partis de Ninive sont revenus. Et parmi eux, un tiers dit prévoir de quitter le pays d'ici à 2024 par peur des miliciens et en raison du chômage, de la corruption et des discriminations. Là, il priera avec des dignitaires sunnites, chiites, yazidis et sabéens.

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