Washington annonce des sanctions contre Moscou — Empoisonnement de Navalny

03 Mars, 2021, 16:19 | Auteur: Lynn Cook
  • Alexei Navalny

Selon les responsables de l'administration Biden, les sanctions sont une réponse à ce que Washington considère comme une tentative russe d'empoisonnement. Ce mardi, Washington a dévoilé des sanctions à l'encontre de sept hauts responsables russes.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué diffusé mardi 2 mars au soir une "attaque anti-russe hostile" faisant partie d'une "politique américaine dénuée de logique et de sens qui ne fait qu'endommager encore davantage les relations bilatérales" avec Moscou.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitenciers, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d'enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie.

La décision de Joe Biden, entré en fonction le 20 janvier, d'imposer des sanctions dans cette affaire illustre sa volonté d'adopter à l'égard de Moscou une position plus ferme que son prédécesseur Donald Trump, qui n'a engagé aucune mesure punitive après l'empoisonnement en août dernier de l'éminent opposant au Kremlin. Outre les sanctions en lien avec l'affaire Navalny, des responsables ont évoqué que l'administration prévoyait répondre prochainement au piratage massif par la Russie d'agences gouvernementales fédérales et de sociétés privées qui ont mis à nu les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement informatique et révélé des secrets potentiellement sensibles aux espions d'élite du Kremlin.

L'UE, pour sa part, a officiellement décidé d'imposer des sanctions à quatre hauts responsables russes proches du président Vladimir Poutine, une décision approuvée par les ministres des Affaires étrangères des pays membres la semaine dernière.

"Les États-Unis ne cherchent ni à réinitialiser ses relations avec la Russie, ni à les intensifier", a dit un autre responsable de l'administration Biden. Moscou est aussi soupçonné d'avoir tenter d'intervenir dans les élections américaines l'an dernier.

Avant l'officialisation des sanctions américaines, des sources interrogées par Reuters avaient indiqué que Washington comptait s'appuyer sur deux décrets, dont un publié après l'invasion par la Russie de la Crimée, qui permet à l'administration de sanctionner des représentants russes.

Elle prévoient notamment, pour les personnes visées, un gel de leurs avoirs aux Etats-Unis.

Berlin a dit l'an dernier avoir la certitude qu'Alexeï Navalny avait été empoisonné par un produit de la famille du Novitchok, une substance neurotoxique déjà utilisée contre l'ancien espion russe Sergueï Skripal en 2018.

Après des mois de convalescence en Allemagne à la suite d'un malaise en août, Alexei Navalny est rentré chez lui à Moscou en janvier et a été arrêté à son arrivée pour violation présumée de la libération conditionnelle.

De leur côté, Moscou a appelé les Etats-Unis à "ne pas jouer avec le feu".

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