Des résidus d'essais nucléaires français retrouvés dans le sable — Poussière du Sahara

28 Février, 2021, 09:10 | Auteur: Jonathan Ford
  • Quand la neige et le ciel du Haut Doubs se parent des couleurs sahariennes

Spécialiste de la radioprotection à l'Université de Caen et conseiller scientifique bénévole du laboratoire ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest), il était dans le massif du Jura dans le secteur de Chapelle des Bois (Doubs), le 6 février dernier, quand le sable du Sahara s'est répandu sur cette région couverte de neige en cette période de froid. "Ce jour-là (jour de pluie de sable, ndlr), c'était très étrange, nous avons chaussé les raquettes tôt le matin, la neige était blanche, au fil de la balade tout a changé, ça a duré toute la journée".

Ces poussières présentent dans le vent ont été inhalées par beaucoup de personnes.

Près de Reggane dans le Sud algérien la France réalise un premier essai nucléaire le 13 février 1960. Il a alors prélevé des échantillons des retombées sur sa voiture. Il y a 30 ans, au moment de la création de cette association créée après la catastrophe de Tchernobyl, les observateurs avaient déjà analysé du sable en provenance du Sahara qui contenait des traces de Césium-137. "Le nuage a déversé ses anciennes traces de césium-137 partout où il est passé en France", précise Pierre Barbey.

Le laboratoire de l'ACRO explique qu'il " s'agit d'un radioélément artificiel qui n'est donc pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d'une explosion nucléaire ".

6 février 2021- la neige et le ciel deviennent orange dans le massif du Jura la tempête de sable du Sahara déverse de fines particules
Sable du Sahara : du Césium-137, résidus d’essais nucléaires français retrouvé dans les poussières

Les récents épisodes de pluies de sable provenant du Sahara dans le sud de la France sont venus rappeler que les essais nucléaires français en Algérie lors des années 60 n'étaient pas sans conséquence.

Selon les experts, les particules fines de sable disséminées début février sur le sol français ne représentent à priori plus aucun danger pour la santé. "Cela veut dire qu'au bout de 30 ans, il ne reste que la moitié de sa radioactivité".

Les accords d'Évian signés en mars 1962, à la suite de la guerre d'Algérie, n'autorisent des expérimentations dans le Sahara que jusqu'en juillet 1967. "C'est une substance radioactive qui émet des rayonnements pénétrants, des rayonnements gamma et il n'existe pas à l'état naturel", a-t-il rappelé: "C'est une pollution radioactive bien réelle et parfaitement indiscutable".

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