Les Etats-Unis s'apprêtent à publier leur rapport — Affaire Jamal Khashoggi

27 Février, 2021, 01:57 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Khashoggi

D'après les premières indiscrétions, relayées par la presse américaine ou encore l'agence de presse Bloomberg, le contenu du rapport implique directement le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Et l'ex-président républicain n'avait jamais voulu blâmer publiquement Mohammed ben Salmane, pour préserver l'alliance avec Riyad, pilier de sa stratégie anti-Iran, premier exportateur mondial de pétrole brut et gros acheteur d'armes américaines.

" Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire ", ajoutent-ils.

"Le rapport souligne que le jeune dirigeant, surnommé MBS, disposait d'un " contrôle absolu " des services de renseignement et de sécurité, " rendant très improbable " une telle opération sans son " feu vert ". "L'objectif est un recalibrage " des relations, " pas une rupture", a-t-il dit.

A noter que le président américain, Joe Biden, s'est entretenu, jeudi 25 février 2021, pour la première fois, avec le roi d'Arabie saoudite, Salmane bin Abdelaziz Al Saoud.

La publication du rapport marquerait une nouvelle étape dans la volonté de Joe Biden de "recalibrer" les relations entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, après plusieurs années durant lesquelles Washington a globalement laissé le champ libre à son important allié du Golfe en matière de droits de l'homme, pour intervenir dans le conflit au Yémen et sur d'autres questions. Egalement d'après le compte-rendu de la Maison-Blanche, M. Biden a évoqué "l'engagement des États-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran".

L'Arabie saoudite a "totalement rejeté" vendredi le rapport des services de renseignement américains qui ont accusé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d'avoir "validé" l'assassinat du journaliste et critique saoudien Jamal Khashoggi en 2018. En revanche, MBS pourrait se retrouver marginalisé et ses plans de succéder rapidement à son père menacé; ne plus être l'interlocuteur direct de la Maison-Blanche serait en effet un revers humiliant pour celui qui a vraisemblablement commandité l'assassinat d'un journaliste qu'il jugeait " dangereux "... Jusqu'à ce jour, son corps, qui avait été démembré n'a jamais été retrouvé.

Après avoir nié l'assassinat, Ryad avait fini par dire qu'il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. En septembre dernier, huit accusés du meurtre ont été condamnés par un tribunal saoudien à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison.

Le Sénat des États-Unis, qui avait déjà eu accès aux conclusions du renseignement américain, avait aussi jugé dès 2018 que le prince était " responsable " du meurtre.

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