L'arrestation controversée du rappeur Pablo Hasél déclenche des manifestations — Espagne

20 Février, 2021, 03:25 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Troisième nuit d'émeutes à Barcelone, le siège d'un journal attaqué

À Barcelone, huit personnes ont été interpellées pour "actes de vandalisme et affrontements", selon la police régionale, qui avait déjà arrêté 51 personnes dans l'ensemble de la Catalogne lors des deux précédentes nuits.

Devenu pour certains un symbole de la liberté d'expression en Espagne, le rappeur Pablo Hasél, condamné à la prison pour des tweets attaquant la monarchie et les forces de l'ordre, a été incarcéré mardi.

L'opposition de droite avait sévèrement reproché à M. Sánchez de ne pas avoir dit un mot jusqu'à maintenant sur ces manifestations, qui ont donné lieu à des affrontements quotidiens dans plusieurs villes d'Espagne entre manifestants et policiers, principalement Barcelone, Madrid et Valence.

" Une manifestation non autorisée qui a débouché sur des arrestations, des blessés et beaucoup de dégâts matériels ne correspond pas à la liberté d'expression", a-t-elle ajouté.

"Ils devront venir m'enlever et cela servira aussi à dépeindre l'État sous son vrai visage, celui d'une fausse démocratie", déclarait-il ainsi vendredi à l'AFP.

À Madrid, des manifestants, le visage dissimulé, ont lancé des bouteilles sur les policiers anti-émeutes, qui ont chargé mercredi soir.

Selon un bilan provisoire de la police autonome catalane, au moins neuf personnes ont été blessées et 29 ont été arrêtées. La justice reprochait au rappeur, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró, plusieurs tweets datant de plus de 5 ans dans lequel il accusait la police espagnole des tortures et des assassinats: "50 policiers blessés?"

Des dizaines de personnes ont été arrêtées en Espagne après de nouvelles manifestations violentes dans la nuit de mercredi à jeudi à Madrid, Barcelone et dans d'autres villes du pays, après l'incarcération d'un rappeur catalan condamné pour insultes à la monarchie et aux forces de l'ordre. Des individus portant des capuches ont de nouveau enflammé des poubelles, jeté des projectiles contre les forces de l'ordre et attaqué notamment l'immeuble abritant le journal El Periódico de Cataluña.

La condamnation de Hasél avait provoqué un tollé en Espagne, où quelque 200 artistes, dont le réalisateur Pedro Almodovar et l'acteur Javier Bardem, ont pris position en sa faveur.

Cette affaire embarrasse le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, à plus forte raison à l'approche des élections catalanes de dimanche dernier.

La porte-parole de l'exécutif María Jesús Montero avait ainsi reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur. Évitant de se prononcer sur la peine, la numéro deux du gouvernement Carmen Calvo a défendu mardi la nécessaire "tolérance propre à une démocratie mature comme la nôtre" dans le domaine de la liberté d'expression. Vont-ils fermer les yeux?

Il s'agissait d'une allusion à des commentaires très controversés de son chef et vice-président du gouvernement, Pablo Iglesias, qui a déclaré la semaine dernière qu'il n'y avait pas "de pleine normalité politique et démocratique en Espagne".

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