Emeutes dans plusieurs villes d'Espagne pour dénoncer l'arrestation du rappeur Pablo Hasél

20 Février, 2021, 03:21 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Capture d'écran prise sur Twitter le 18/02/2021	 Capture d'écran prise sur Twitter le 18/02/2021

En Catalogne, la police régionale a interpellé 33 personnes, dont dix à Barcelone et 14 à Lérida.

Après la condamnation à 9 mois de prison du rappeur Pablo Hasél pour des tweets critiquant les forces de l'ordre mais aussi la monarchie, de nombreuses manifestations ont été organisées en Espagne.

Les manifestations ont été marquées par des affrontements entre policiers et manifestants qui se sont soldés par quinze arrestations, a déclaré une porte-parole de la police catalane.

Devenue pour beaucoup un symbole de la liberté d'expression, l'arrestation de Pablo Hasél a provoqué une importante vague d'indignation en Catalogne et dans le reste de l'Espagne.

L'opposition de droite espagnole a multiplié jeudi les attaques contre le gouvernement, et de vives tensions sont apparues au sein de la coalition de gauche au pouvoir, alors que de nouvelles violences ont éclaté jeudi pendant des manifestations de soutien à un rappeur incarcéré.

À Madrid, des manifestants, le visage dissimulé, ont lancé des bouteilles sur les policiers anti-émeutes, qui ont chargé mercredi soir.

À Barcelone, des altercations ont été enregistrées à nouveau, avec des projectiles jetés sur les policiers et des barricades érigées avec des bennes à ordures incendiées.

Selon un bilan provisoire de la police autonome catalane, au moins neuf personnes ont été blessées et 29 ont été arrêtées.

Pablo Hasél - de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró - avait jusqu'à vendredi soir pour se rendre volontairement en prison et commencer à y purger la peine de neuf mois qui lui avait été infligée par la justice espagnole.

La police espagnole a annoncé avoir arrêté 16 personnes dans la nuit de jeudi 18 à vendredi 19 février à Barcelone et à Valence après une troisième soirée consécutive d'affrontements faisant suite à l'incarcération d'un rappeur controversé.

Des journalistes de l'AFP ont vu des jeunes en capuches enflammer des poubelles, jeter des projectiles contre les forces de l'ordre et attaquer notamment l'immeuble abritant le journal El Periódico de Cataluña.

Avant son arrestation, plusieurs manifestations parfois tendues en soutien à Pablo Hasél ont eu lieu ces dernières semaines à Madrid et Barcelone, tandis que plus de 200 personnalités du monde culturel hispanophone, dont le réalisateur Pedro Almodóvar et l'acteur Javier Bardem, ont signé une tribune en sa faveur.

Cette affaire embarrasse le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, à plus forte raison à l'approche des élections catalanes de dimanche dernier. La porte-parole de l'exécutif, María Jesús Montero, a reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur. Une affaire qui relance le débat sur la liberté d'expression dans le pays. "Tous ceux qui se considèrent progressistes et se vantent de la 'pleine normalité démocratique' (de l'Espagne), devraient avoir honte".

Face au tollé suscité par ces propos, la ministre socialiste Carmen Calvo, le numéro deux du gouvernement, lui a indirectement répliqué.

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