Cinq ans de prison, dont trois avec sursis, requis contre Georges Tron

19 Février, 2021, 09:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Procès Georges Tron: cinq ans de prison requis pour viols et agressions sexuelles

Dix ans après une première mise en examen pour viols et agressions sexuelles en réunion, le maire LR de Draveil (Essonne) Georges Tron et Brigitte Gruel, co-accusée dans ce procès en appel, vont être fixés sur leur peine ce mercredi.

Il a appelé la cour à condamner Georges Tron pour viols mais non commis en réunion, estimant que Brigitte Gruel s'était rendue coupable uniquement d'agressions sexuelles en réunion, et non de viols, sur Virgine Ettel et Eva Loubrieu.

Mais Georges Tron et son ancienne adjointe n'ont été condamnés que pour des faits de viols et agressions sexuelles sur l'une des deux collaboratrices.

Les deux accusés, qui clament leur innocence - Georges Tron mettait en avant sa pratique de la réflexologie plantaire, se défendant de toute connotation sexuelle -, avaient été acquittés en première instance en 2018. En costume sombre, l'ex-secrétaire d'Etat a écouté la sentence impassible, sans laisser transparaître la moindre émotion.

Ce verdict va au-delà des réquisitions du ministère public en ce qui concerne Georges Tron. Le verdict est tombé quelques heures plus tard, peu après 22h. Dans une atmosphère lourde, il a remis sa montre à son avocat, Me Antoine Vey, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés.

D'après deux anciennes employées de la mairie, l'édile leur a imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel. Escorté par les gendarmes qui lui ont épargné l'humiliation supplémentaire du menottage en public, l'homme a quitté la salle sans autre soutien que celui de ses avocats et d'un jeune draveillois, venu le saluer. Un contexte que les parties civiles n'ont pas manqué d'invoquer durant les longues journées de débats.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, "omerta", descriptions crues de scènes sexuelles trioliques. Pendant quatre semaines, la cour s'est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de l'Essonne dans le sud de Paris que Georges Tron dirige depuis 1995.

En 2011, Georges Tron avait dû démissionner à la hâte du gouvernement Fillon, alors que Nicolas Sarkozy était au pouvoir, lorsque les accusations de viol ont été révélées.

L'accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron avait exercé une "emprise" sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu.

En 2018, bien que jugeant crédible l'existence de scènes sexuelles, la cour d'assises de Seine-Saint-Denis avait estimé qu'il n'y avait cependant pas de contrainte, arguant notamment de contradictions et de mensonges de la part des plaignantes.

Au terme de dix ans d'un feuilleton judiciaire à rebondissements, le procès en appel de Georges Tron approche de son épilogue sur l'île de la Cité à Paris.

"Il va faire une demande de mise en liberté", a ajouté l'avocat, en évoquant la possibilité que son client soit libéré sous bracelet électronique. "En matière criminelle, le doute doit profiter à l'accusé".

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