Vaccination: une dose suffit pour les ex-malades du covid

13 Février, 2021, 14:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Covid-19 : en France, une seule dose de vaccin recommandée pour les personnes déjà infectées

"A ce jour, aucun pays ne s'est clairement positionné sur une vaccination en une dose pour les personnes ayant contracté la Covid-19 antérieurement à la vaccination", souligne la HAS. La France devient le premier pays à publier un tel avis. La dose unique de vaccin jouera ainsi un rôle de rappel.

Ces derniers jours, les chiffres de l'épidémie se stabilisent mais l'apparition des variants font craindre une nouvelle flambée. Actuellement trois vaccins sont disponibles en France: Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca/Oxford, qui sont injectés sous forme de deux doses. Invitée d'Europe 1, l'infectiologue à l'hôpital Bichat et présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS, Elisabeth Bouvet, a soutenu qu'une infection agissait comme une première dose de vaccin, justifiant de ne procéder donc ensuite qu'à une seule injection.

A ce stade des connaissances, les personnes ayant déjà été infectées conservent une mémoire immunitaire.

"Chez les individus avec une immunité pré-existante, la réponse des anticorps à la première dose est équivalente, voire supérieure, à celle qu'on détecte après la deuxième dose" chez des personnes qui n'ont jamais été infectées par le coronavirus, écrit l'une de ces équipes, basée à l'école de médecine Icahn à New York. La HAS précise aussi qu'un test sérologique juste avant une vaccination n'est pas recommandée et que les symptômes persistants après une infection au Covid-19 ne sont pas des contre-indications à la vaccination. Ainsi la HAS recommande-t-elle de réaliser la vaccination dans un délai proche de 6 mois et confirme qu'elle ne doit pas être envisagée avant un délai de 3 mois après l'infection. En effet, le ministère de la Santé peut choisir, ou non, de suivre les préconisations de la HAS. Les scientifiques recommandent également d'attendre "au-delà de trois mois" après la maladie, "et de préférence six mois", avant d'injecter cette dose unique.

Outre les bénéfices sanitaires, les chercheurs à l'origine de ces travaux soulignaient que faire une seule injection aux personnes déjà malades par le passé pourrait permettre d'économiser des doses dans un contexte d'approvisionnement contraint. Et donc une chance d'accélération pour la campagne vaccinale, alors que le gouvernement affiche l'objectif d'une capacité de vaccination de 70 millions de personnes d'ici la fin de l'été 2021, soit l'ensemble de la population française.

Selon le dernier bilan officiel, 2.135.333 personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin en France, dont 535.775 personnes deux doses, depuis le début de la vaccination, alors que la pandémie a coûté la vie à 80.803 personnes sur un total de 3.406 685 infections.

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