Dernière ligne droite dans le procès de Donald Trump — Etats-Unis

13 Février, 2021, 22:05 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Les avocats de Trump ont plaidé à son procès devant le Sénat verdict possible dès ce samedi

"La Constitution établit clairement que des délits présidentiels commis en cours de mandat peuvent être poursuivis après que le président a quitté ses fonctions", a-t-il précisé, une façon de répondre aux procureurs démocrates, qui avaient argumenté qu'admettre qu'un président ne puisse pas être jugé au Sénat après son départ signifierait que les dirigeants américains auraient les mains libres pour commettre des délits au cours des dernières semaines de leur mandat.

Donald Trump, le seul président américain à avoir subi à deux reprises l'infamie d'un "impeachment", a toutes les chances d'être acquitté, comme lors de son premier procès en destitution il y a un an.

Si l'accusation et la défense s'abstiennent, ou si leur requête est rejetée, elles auront alors deux heures maximum chacune pour leur réquisitoire et leur plaidoyer.

Dans une séquence rapide, ce vote a suivi l'annonce surprise par le chef des élus démocrates qui portent l'accusation contre Donald Trump, Jamie Raskin, qu'il voulait convoquer une parlementaire républicaine pour témoigner. Les sénateurs pourront ensuite se retirer pour délibérer, avant de passer au verdict.

Herrera Beutler a dévoilé vendredi soir des détails d'une conversation entre Donald Trump et le chef de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, après l'assaut du 6 janvier, au cours de laquelle l'ancien président a déclaré que les assaillants du Capitole "semblaient plus contrariés par l'élection" que McCarthy lui-même.

Le coup de théâtre a bouleversé l'ordonnancement du procès que démocrates et républicains, pour des raisons différentes, semblaient vouloir boucler rapidement. Donald Trump aurait alors affirmé avoir entendu que ces manifestants étaient en réalité des "antifa", un mouvement d'extrême gauche.

L'annonce de l'influent stratège semble sonner le glas des espoirs démocrates de condamner l'ex-président, puisqu'il apparaît désormais encore plus improbable que 17 sénateurs républicains votent avec les 50 démocrates pour une condamnation. Un cas unique dans l'Histoire des Etats-Unis.

"Le président Trump n'a pas été le témoin innocent d'un accident", mais il "a abandonné son rôle de commandant-en-chef pour devenir l'incitateur-en-chef d'une dangereuse insurrection", a estimé de son côté Jamie Raskin, qui supervise l'équipe des procureurs.

"Et le 6 janvier, au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de Joe Biden, il " a allumé la mèche", ont-ils dit, en leur lançant: " Battez-vous comme des diables.

Vendredi, les avocats du 45e président des Etats-Unis ont contre-attaqué dans un argumentaire concis - trois heures - et musclé.

Une rhétorique politique ordinaire devenue "excessive" pour Michael van der Veen, l'avocat de Donald Trump, qui a toutefois indiqué qu'elle était protégée par le premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté d'expression. Outre l'argument d'inconstitutionnalité du procès sous prétexte qu'on ne peut pas juger un président qui n'est plus en fonction, Bruce Castor et David Schoen devraient illustrer, probablement vidéos à l'appui, en quoi les élus démocrates ont été engagés depuis l'élection de Donald Trump dans une entreprise lui niant toute légitimité, ce qui aurait débouché, selon eux, sur une forme de harcèlement politique et judiciaire.

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