L'armée birmane tient fermement le pays au lendemain du coup d'État

02 Février, 2021, 13:53 | Auteur: Lynn Cook
  • A quelques heures de la première réunion du nouveau Parlement élu en novembre l'état-major a fait arrêter les principaux leaders de la Ligue nationale pour la démocratie dont la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi, et son alli

Les militaires étaient profondément mécontents d'avoir ainsi " perdu un contrôle significatif sur le processus politique", selon lui. Selon des témoins, des dizaines de soldats ont été déployées devant la mairie de Rangoun et les services de téléphonie mobile de la ville, dont les connexions internet, ne fonctionnaient plus.

Les Etats-Unis, l'Australie, la Chine, le Japon et la France ont en tout cas rapidement réagi au putsch, appelant à la libération immédiate des dirigeants de la LND et au rétablissement de l'ordre constitutionnel. Dans un communiqué, Jen Psaki, le porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé que les USA "vont agir contre les responsables si ces mesures [les arrestations] ne sont pas abandonnées".

Cette victoire était un véritable camouflet pour l'armée, connue sous le nom de Tatmadaw, qui, depuis, contestait le résultat du scrutin.

La commission électorale birmane a rejeté jeudi les accusations de fraude électorale formulées par l'armée, confirmant les résultats des élections législatives. Les deux derniers coups d'Etat depuis l'indépendance du pays en 1948, remontent à 1962 et 1988.

Aung San Suu Kyi et le président de la République, Win Myint, ont été arrêtés à l'aube.

Le chef de l'armée birmane Min Aung Hlaing était tenu de prendre sa retraite dans six mois.

La Birmanie est sortie il y a tout juste 10 ans d'un régime militaire au pouvoir pendant presque un demi-siècle. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, "condamné fermement" l'arrestation d'Aung San Suu Kyi.

"En conséquence, les dirigeants militaires sont appelés " à respecter la volonté du peuple de Birmanie et à adhérer aux normes démocratiques, tout différend devant être résolu par un dialogue pacifique", a-t-il précisé dans son communiqué". Cette session pourrait prendre un caractère d'urgence et être avancée en début de semaine en raison des derniers développements, a indiqué à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat. La Constitution publiée en 2008 après des décennies de pouvoir militaire prévoit que l'armée dispose de 25 % des sièges au Parlement et contrôle trois ministères clé au sein de l'administration d'Aung San Suu Kyi. Le parti de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) a remporté 83% des voix lors de la deuxième élection seulement depuis qu'une junte militaire a accepté de partager le pouvoir en 2011.

Une information confirmée par Win Htein, président du parti politique la Ligue Nationale pour la Démocratie. L'armée a proclamé l'état d'urgence pour un an et placé ses généraux aux principaux postes. Un coup d'État a eu lieu ce lundi 1er février. Les militaires qui se sont emparés du pouvoir ont promis de nouvelles élections "libres et équitables" une fois la période d'état d'urgence d'un an terminée.

Le coup d'Etat organisé par l'armée birmane lundi intervient après des années de délicat partage du pouvoir entre le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi et les militaires encore très puissants dans le pays.

Il est à rappeler à ce propos que la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a retiré, en novembre 2018, à Aung San Suu Kyi la citoyenneté d'honneur de la ville, un geste "sans précédent" motivé par le silence de la dirigeante birmane sur les violences infligées aux Rohingyas.