Yannick Bestaven finit 3e, mais gagne le Vendée Globe

29 Janvier, 2021, 00:39 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Le flash L'Équipe

Après son échec de 2008, il avait choisi de monter une entreprise et de valoriser son choix technique, lors de son Vendée Globe interrompu, d'embarquer à bord un hydrogénérateur de son invention. Tout a démarré mercredi à 20h35 quand Charlie Dalin (Apivia) a franchi le premier la ligne d'arrivée au large des Sables d'Olonne, entouré d'une armada de bateaux qui scintillaient de rouge, vert et bleu. Navigateur frustré, Yannick Bestaven allait devenir un entrepreneur comblé à travers sa société Watt § Sea, qui équipe la plupart des Imocas de ce Vendée Globe.

Pour connaître le vainqueur, il a fallu attendre que deux autres concurrents, l'Allemand Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco), alors troisième, et Yannick Bestaven (Maître Coq IV), cinquième, ait coupé eux aussi la ligne.

C'est simple, c'est du jamais vu dans l'histoire de cette course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

Après le sauvetage de Kevin Escoffier, le jury du Vendée Globe avait décidé qu'une fois la ligne d'arrivée franchie, le temps de course de Yannick Bestaven serait décompté de 10 heures et 15 minutes.

Plusieurs navigateurs sont arrivés ces dernières heures en Vendée.

Herrmann tenant la corde, les dix heures crédités au compte de Yannick Bestaven, lui aussi partie prenante de l'opération Escoffier, allaient-elles suffire, au moins pour le podium?

À peine une demi-heure après l'arrivée de Dalin, Herrmann, qui pouvait accrocher la victoire, est entré en collision avec un bateau de pêche, à 160 kilomètres de la ligne. Dans une mer particulièrement démontée, il a bouclé son tour du monde environ huit heures après Dalin, ce qui n'excède pas son bonus.

Son souvenir le plus marquant de cette course de quatre-vingts jours, "c'est le passage du Cap Horn, le passer en tête c'était une première victoire".

Mais Herrmann a dû dire adieu à la victoire, lui qui devançait pourtant Bestaven avec une centaine de kilomètres à franchir. Leur présence a été autorisée par la préfecture, en cette période de couvre-feu. A 35 ans, le Malouin participait à son 3e Vendée Globe. A terre, 300 bénévoles sont là pour l'accueillir. Le skipper de LinkedOut, favori au départ des Sables d'Olonne le 8 novembre dernier, a passé les deux-tiers de la course dans le trio de tête.

Au petit matin de ce jeudi 28 janvier, Boris Herrmann, sain et sauf mais foil gravement endommagé, navigue à petite vitesse vers les Sables d'Olonne qu'il ne rejoindra pas avant la fin de matinée. Burton devrait couper la ligne "entre 23h et minuit", Herrmann "entre 1h et 2h" puis Ruyant "entre 3h et 5h" et Bestaven "entre 3h30 et 5h30". Parfaitement conscient d'être un premier très provisoire, Charlie Dalin coupera court en conférence de presse à toutes polémiques concernant le renversement de classement à cause des bonifications. Le plus important, c'est que des jeunes, pour qui le Vendée Globe était devenu tellement inaccessible, se disent maintenant qu'ils peuvent le faire, même avec des moyens forcément limités. Le sexagénaire est celui qui a réussi à sauver Escoffier dans des conditions de mer dantesques et pour cela, il a bénéficié de seize heures et quinze minutes de compensation. Ce qui a rendu ce Vendée Globe exceptionnel.

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