De nouvelles analyses ADN vont être lancées — Affaire Grégory

27 Janvier, 2021, 16:44 | Auteur: Sue Barrett
  • Les parents du petit Grégory sauront mercredi si la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon donne droit aux demandes de leurs avocats. Elles concernent essentiellement des expertises génétiques

L'affaire Grégory offre un nouveau rebondissement, trente-six ans après les faits.

Ce mercredi 27 janvier, la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon a accepté "la quasi-totalité" des demandes de nouvelles expertises, notamment en recherche d'ADN de parentèle, dans l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory Villemin en 1984, a indiqué mercredi un avocat des parents de Grégory.

Les précédentes expertises génétiques n'avaient rien donné mais, toujours déterminés à faire éclater la vérité sur la mort de leur enfant, les Villemin misent maintenant sur la recherche d'"ADN de parentèle", une méthode qui permet de relier une empreinte génétique avec d'autres issues de la même parenté et répertoriées dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

Les parents de Grégory, qui demandent aussi de nouveaux prélèvements génétiques sur plusieurs personnes, sollicitent le recours au " portrait-robot génétique", qui permet à partir d'une empreinte ADN de déterminer la couleur des cheveux ou des yeux d'une personne. "Les Villemin veulent que la justice se donne les moyens de parvenir à la vérité ", a-t-elle ajouté. Une méthode employée avec succès dans quelques " cold cases " criminels, comme en 2012 dans le dossier Élodie Kulik, violée et assassinée dix ans plus tôt. Les parents de Grégory et leurs avocats ont demandé que ces investigations portent sur neuf traces ADN inconnues, prélevées sur des courriers anonymes, une seringue et les vêtements de l'enfant. Mais, en mai 2018, ces trois mises en examen avaient été annulées sur des points de procédure.

"Interrogés, les avocats des Jacob ont, eux, affiché leur scepticisme face aux demandes des Villemin".

"Je ne suis pas persuadé que ça soit très pertinent" dans un dossier qui relève du "naufrage", a déclaré Me Frédéric Berna, l'un des conseils de Jacqueline Jacob, qui insiste: l'ADN des Jacob n'est "nulle part". "Une fois identifiées, on pourra avancer ", poursuit-il, même s'il a " du mal à y croire ".

Alors que plusieurs acteurs du dossier estiment qu'il ne se résoudra que par l'ADN, la "reine des preuves", Me Chastant-Morand estime au contraire qu'il ne s'agit que d'une "piste", à côté de celle "de l'humain, des hommes" qui peuvent encore "parler" dans ce dossier.

La juridiction "a fait droit à la grande majorité des demandes présentées par les parties civiles", a confirmé le procureur général de Dijon, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, dans un courriel à l'AFP.

Elle a également rappelé l'existence d'un rapport de stylométrie, pas encore au dossier et très controversé, mais qui incriminerait un suspect, selon Le Parisien.

Des auditions ont également eu lieu récemment et d'autres sont à prévoir, selon Me François Saint-Pierre, qui défend également les époux Villemin: " La parole peut se libérer.

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