"Bras de fer" sino-américain au large de Taïwan — Mer de Chine

27 Janvier, 2021, 14:25 | Auteur: Lynn Cook
  • La Chine menace militairement Taïwan et provoque Joe Biden

La tension monte à nouveau dans le détroit de Taïwan. Mais le nouveau président américain devrait rester sur une ligne dure, car la protection de Taïwan est un sujet consensuel aux Etats-Unis.

Selon le ministère taïwanais de la Défense nationale, ce sont un total de 28 avions militaires qui ont violé la zone de défense aérienne de l'île ce week-end, en comptant les huit bombardiers et cinq chasseurs de samedi.

" Après avoir parcouru ces eaux tout au long de mes 30 ans de carrière, c'est formidable d'être à nouveau en mer de Chine méridionale, pour mener des opérations de routine, promouvoir la liberté des mers et rassurer alliés et partenaires, a commenté le vice-amiral Doug Verissimo, commandant du Carrier Strike Group 9".

En effet, les chinois ont tenté une nouvelle irruption dans l'espace maritime de Taïwan ce dimanche. C'est dans la partie sud-ouest de l'ADIZ taïwanaise, dont ils se tenaient d'habitude à l'écart, que s'aventurent quasi quotidiennement depuis le mois de septembre 2020 des appareils militaires chinois.

Dès la première intrusion samedi, le département d'État américain a haussé le ton, assurant que le soutien des États-Unis à Taïwan restait "solide comme un roc" malgré les "tentatives d'intimidation" de la Chine.

Le porte-parole du département d'État, Ned Price, a indiqué dans un communiqué "noter avec inquiétude la tendance actuelle de la RPC (République populaire de Chine) à intimider ses voisins, dont Taïwan". Le message est clair.

Taïwan s'est séparée de la Chine à la fin de la guerre civile en 1949.

Taïwan, qui jouit d'un système démocratique, vit sous la constante menace de la Chine, qui considère ce territoire comme une province rebelle appelée à rentrer un jour dans son giron, par la force si nécessaire.

Malgré ses liens diplomatiques avec Pékin, Washington reste le plus important soutien militaire de Taipei. Ainsi, l'administration Trump décida de rétablir les visites portuaires mutuelles entre l'US Navy et la marine taïwanaise, de donner quasiment le statut d'ambassade à l'Institut américain de Taïwan, d'amplifier les contacts diplomatiques, avec l'envoi de hauts responsables à Taipei ou encore d'autoriser de nombreuses ventes d'armes susceptibles d'améliorer significativement les capacités militaires de l'île.

Jusqu'à la veille de son départ de la Maison-Blanche, il a soutenu Taïwan en donnant son feu vert à une visioconférence le 14 janvier entre l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft et la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, bête noire de Pékin.

La suite confirma cette tendance, avec plusieurs mesures ayant provoqué la colère des autorités chinoise.

Geste subtil mais symbolique, l'ambassadeur de facto de Taïwan aux Etats-Unis avait été formellement invité à l'investiture de Joe Biden - une première depuis que les Etats-Unis ont reconnu le régime de Pékin en 1979, selon Taipei.

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