632 arrestations opérées dimanche, selon le ministère de l'Intérieur — Violences nocturnes

20 Janvier, 2021, 23:50 | Auteur: Lynn Cook
  • CP: Y. Gaidi

Plus de 600 personnes ont été arrêtées, selon le ministère tunisien de l'Intérieur après cette quatrième nuit de tensions. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Hayouni a fait état de 632 arrestations, évoquant des groupes de personnes entre 15 et 25 ans qui ont " brûlé des pneus et des poubelles afin d'entraver les mouvements des forces de sécurité ".

Les heurts ont éclaté dans des zones marginalisées, frappées de plein fouet par la crise économique inédite, la pandémie ayant mis à mal un début de reprise, alors que la classe politique, divisée, est paralysée.

Pour sa part, le porte-parole du ministère tunisien de la Défense, Mohamed Zekri, a annoncé le déploiement des unités militaires dans quatre gouvernorats à savoir Sousse (côte-est), Kasserine (centre-ouest), Bizerte (extrême-nord) et Siliana (nord-ouest) afin de protéger le institutions de souveraineté.

La police, déployée en nombre dans des dizaines de localités, dont le vaste quartier populaire d'Ettadhamen en périphérie de Tunis, a été prise pour cible par des protestataires souvent jeunes.

"S'il y avait quelqu'un pour juger nos abrutis de politiciens". Dans les rues, des adolescents remplissent leurs poches de pierres.

Le son des sirènes hurlantes ne couvre pas celui des explosions des feux d'artifices jetés depuis des toits de maisons, d'où des jeunes visaient dès la nuit tombée, à coups de pierres, un important dispositif de police et de la garde nationale. Les forces de l'ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes.

Pour leur part, l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) et le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (Synagri) ont condamné, lundi, ces actes de violence et de vandalisme et les attaques aux biens publics et privés enregistrés ces derniers jours, critiquant le " mutisme des gouvernants et leur incapacité à gérer la situation ".

Ces divisions paralysent le pays au moment où l'urgence sociale s'accentue avec la pandémie de nouveau coronavirus (177 231 cas, dont 5 616 décès), qui ajoute la hausse du chômage à celle des prix et met en évidence la défaillance des services publics. Le gouvernement remanié doit être approuvé par le Parlement.

"Je ne vois aucun avenir ici!".

Le mois de janvier est régulièrement le théâtre de mobilisations en Tunisie, car cette période marque l'anniversaire de plusieurs luttes sociales et démocratiques majeures.

Qui se trouve derrière ces mouvements douteux?

"Principalement sur les réseaux sociaux, certains Tunisiens ont attribué ces violences à l'échec de la classe politique à améliorer la situation, d'autres ont appelé à trouver " les parties derrière " ces troubles en les accusant de vouloir " créer le chaos ".

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