L'affaire des allocations aura eu raison de Rutte — Pays-Bas

17 Janvier, 2021, 08:32 | Auteur: Lynn Cook
  • Pays-Bas : démission du gouvernement sur fond de scandale

Il y a rarement de bon moment pour qu'un gouvernement démissionne.

Le gouvernement du Premier ministre néerlandais Mark Rutte a annoncé vendredi sa démission en bloc, après la mise en cause retentissante de la gestion par l'administration du système d'aides sociales à la garde d'enfants.

Un rapport d'enquête parlementaire accablant publié en décembre a établi que des fonctionnaires ont mis fin aux allocations de milliers de familles accusées à tort de fraude entre 2013 et 2019, avant de les contraindre à restituer de façon rétroactive les allocations perçues sur plusieurs années, soit dans certains cas des dizaines de milliers d'euros.

Selon les estimations des médias néerlandais, ce scandale des allocations familiales a touché environ 26 000 parents. Parmi les 26 000 personnes concernées, 11 000 auraient ainsi fait l'objet d'un "profilage ethnique ". L'affaire des allocations familiales constitue, accusaient les parlementaires, "une injustice sans précédent " dans le royaume pourtant très sourcilleux sur l'éthique et l'égalité, auréolé de son titre "d'Etat frugal " dans les négociations européennes. Des dysfonctionnements qui auraient été connus de certains ministres, qui ont préféré fermer les yeux sur ces agissements plutôt que de mettre un coup de pied dans la fourmilière.

Rencontre Castex-étudiants: "beaucoup de bla-bla", regrette l'Unef "C'est une question de vie ou de mort", assène Mélanie Luce, la présidente de l'Unef après ses échanges avec le Premier ministre Jean Castex sur la situation des étudiants en pleine crise sanitaire.

En décembre, le gouvernement néerlandais a annoncé vouloir verser au cours des quatre mois suivants au moins 30 000 euros à chaque parent concerné, mais cela n'a pas suffi à dégonfler le scandale.

L'avocat de victimes Vasco Groeneveld a déposé mardi une plainte à l'encontre de trois ministres en poste et deux anciens ministres, dont Lodewijk Asscher.

Les quatre partis du centre et de la droite au pouvoir s'étaient réunis plus tôt pour discuter d'une éventuelle démission, alors que Mark Rutte, Premier ministre depuis 2010 et l'un des dirigeants européens depuis le plus longtemps en poste, avait précédemment annoncé qu'il briguerait un quatrième mandat. En sera-t-il de même après cette crise politique?

La chute du gouvernement n'entraînera pas automatiquement des élections anticipées. "Mark Rutte a assuré que son cabinet démissionnaire ferait tout ce qu'il faudrait dans l'intérêt des Pays-Bas, confrontés à l'épidémie de coronavirus".

"L'Etat de droit doit protéger ses citoyens contre un gouvernement tout-puissant, et ici, cela a terriblement mal tourné" a déclaré Mark Rutte lors d'une conférence de presse à La Haye après avoir remis la démission du gouvernement au roi Willem-Alexander. Des élections législatives sont programmées le 17 mars. Responsable du ministère des impôts, il a été sévèrement critiqué dans le rapport d'enquête.

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