4 000 personnes manifestent contre la loi Sécurité globale — Bordeaux

17 Janvier, 2021, 09:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Lors d'une précédente manifestation le 28 novembre dernier dans les rues de Sète

Les manifestants protestaient contre une proposition de loi déjà votée en première lecture à l'Assemblée nationale, et qui doit être examinée en mars au Sénat.

Le collectif, qui demande à être reçu par le président Emmanuel Macron, cible également les articles 21 et 22 sur l'usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l'ordre, et du "nouveau schéma national du maintien de l'ordre" (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l'ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations. Selon les autorités, ce sont 34.000 personnes qui étaient présentes dans les cortèges, 200.000 selon les organisateurs. Bravant la neige, les contestataires ont repris ensemble des slogans enflammés comme "police partout justice nulle part" ou "état d'urgence, État policier, on nous empêchera pas de manifester". Nombre de "teufeurs" se sont glissés parmi les manifestants pour protester. "Mais là, on sent qu'il y a un tour de vis sécuritaire, et plutôt que d'essayer d'arranger les choses, on préfère se cacher, se mettre un bandeau sur les yeux, pour pas qu'on ait le droit de rapporter ce qu'il se passe". Près de 80 rassemblements ont ainsi été recencés dans l'Hexagone. Ils étaient notamment nombreux au départ de la manifestation de Nantes derrière des banderoles comme "nous sommes tous des organisateurs de raves" ou "l'État assassine: vies, cultures, libertés". À Lille aussi, un long cortège s'est constitué. En son sein, Lucile Fremaux, surveillante en lycée, juge qu'"avec l'environnement qui est hyper anxiogène et les lois que nous sort le gouvernement, ça devient invivable". Parallèlement, une enquête a été ouverte pour trouble à la tranquillité d'autrui par agression sonore. La situation s'est seulement un peu tendue au début du parcours lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour empêcher "la tenue d'une rave-party à proximité de la manifestation", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Selon la préfecture de police, des organisateurs ont été verbalisés et se sont vu confisquer du matériel sono.

Le texte " Sécurité globale " a été sévèrement critiqué en France par la Défenseure des droits et la Commission nationale consultative des droits de l'homme, et à l'étranger par des rapporteurs spéciaux des Nations unies et la commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe.

Celle-ci regroupe des associations comme La Ligue des droits de l'Homme et Amnesty, ainsi que de nombreux syndicats et associations, de journalistes et réalisateurs notamment.

La mobilisation contre la proposition de loi " sécurité globale ", lancé le 17 novembre, a donné lieu à plusieurs journées de manifestations, souvent rejointes par des " gilets jaunes ". La mobilisation s'est certes émoussée depuis le premier rassemblement, le 28 novembre - ils étaient alors 500 au même endroit -, suivi de deux autres les 5 et 12 décembre, mais la détermination est intacte, et même encore plus vigoureuse.

Recommande: