Sursis pour une femme qui devait être exécutée ce mardi — États-Unis

13 Janvier, 2021, 18:56 | Auteur: Lynn Cook
  • Etats-Unis : sursis pour Lisa Montgomery, la femme qui devait être exécutée

"Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Les avocats de la condamnée ont fait valoir que Lisa Montgomery n'était pas dans un état mental compatible avec son exécution.

Ses avocats avaient tenté de plaider la folie lorsque l'affaire avait été portée devant le tribunal et mis en avant que leur cliente souffrait de troubles mentaux, conséquence de violences et viols en réunion subis lors de son enfance.

Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé - qui a survécu - avant de l'abandonner dans une mare de sang.

Lundi 11 janvier dans la soirée, le juge fédéral Patrick Hanlon avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental. Mais le test ADN réalisé pendant l'enquête confondra Lisa Montgomery qui plaidera "non coupable" devant les juges en jouant la carte d'une santé mentale en miette.

Cela restera comme l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump.

Sans nier la gravité de son crime, ses défenseurs ont adressé la semaine dernière une demande de clémence au président républicain. C'est la première mise à mort d'une femme depuis près de 70 ans aux Etats-Unis. Agée de 52 ans, Lisa Montgomery " a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute", après le feu vert donné par la Cour suprême des Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi.

D'anciens gardiens du pénitencier de Terre-Haute ont de leur côté écrit au ministre de la Justice par intérim, Jeffrey Rosen, pour lui demander de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné contre le Covid-19 ".

" Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies".

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise en effet des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les États américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir. "C'est insensé", a dénoncé lundi sur la radio NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

C'est en 2004 que les États-Unis apprennent avec stupeur l'odieux crime commit par Lisa Montgoméry.

Une cour d'appel, saisie par le département de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision. Les exécutions capitales s'enchaînent depuis six mois.

Malgré les protestations de ses avocats et le désaccord de trois magistrats progressistes, les ultimes recours des avocats de la condamnée ont été refusés. Joe Bide, qui sera investi le 20 janvier prochain, a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.

Recommande: