Le vaste coup de filet suscite une avalanche de condamnations

11 Janvier, 2021, 13:41 | Auteur: Sue Barrett
  • Vaste coup de filet à Hong Kong contre l'opposition pro-démocratie

Plusieurs personnalités et partis d'opposition ont confirmé sur Twitter et Facebook au moins 21 arrestations, la plupart pour des accusations de "sédition".

La police de Hong Kong a annonce mercredi avoir arrete 53 personnes dans le cadre d'une operation sans precedent contre le mouvement democrate depuis l'instauration, a l'initiative de Pekin, de la loi contestee sur la securite nationale.

L'opération a visé d'ex-parlementaires pro-démocratie comme James To, Andrew Wan et Lam Cheuk Ting, mais aussi des militants plus jeunes.

" Il est reproché aux personnes arrêtées d'avoir organisé des primaires de l'opposition, auxquelles 600 000 personnes ont participé en juillet, dans l'optique de remporter, pour la première fois, la majorité aux législatives de septembre".

"De son côté, l'Union européenne a également réclamé mercredi leur " libération immédiate ", alors qu'Antony Blinken, qui a été choisi par le président élu américain Joe Biden pour être le futur chef de la diplomatie des Etats-Unis, a estimé que ces arrestations représentaient une " attaque " contre les " droits universels.

Joshua Wong, l'une des figures de la contestation, a declare via les reseaux sociaux que la police avait mene mercredi matin une perquisition a son domicile. Un avocat américain, John Clancey, qui travaille pour un cabinet engagé dans la défense des droits de l'Homme, a lui aussi été arrêté. Les gouvernements hongkongais et chinois avaient prevenu a l'epoque que cette demarche pourrait constituer une infraction a la nouvelle loi sur la securite nationale.

Ces primaires ont déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une "grave provocation", prévenant que la campagne pouvait relever de la "subversion" en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

Les policiers se sont aussi rendus dans les locaux de trois groupes de presse: Stand News, Apple Daily et Inmediahk. Nathan Law, exilé à Londres, a accusé les autorités de chercher à "éteindre la flamme de la résistance ". L'agent ajoute que cette primaire "visait à s'ingérer, perturber ou saper gravement" l'action de l'exécutif et relevait par conséquent de la qualification de subversion.

Un coup de filet inédit depuis le début des manifestations en 2019, qui a pu être réalisé grâce à une nouvelle loi sur la sécurité nationale.

Les critiques la présentent comme le dernier clou dans le cercueil de la semi-autonomie hongkongaise, pourtant théoriquement garantie jusqu'en 2047 dans le cadre du principe "Un pays, deux systèmes".

En réponse à une question selon laquelle certains internautes chinois se moquent des émeutes en les qualifiant de " belle vue", un terme utilisé autrefois par Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, pour désigner les violentes manifestations à Hong Kong en 2019, Mme Hua a indiqué que les Chinois avaient le droit et la liberté d'exprimer leurs opinions et de faire des commentaires en ligne.

Elle donne notamment aux autorités le pouvoir de réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

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