Covid-19 en France: où se contamine-t-on?

18 Décembre, 2020, 20:39 | Auteur: Jonathan Ford
  • Covid-19. Comment les repas jouent un rôle central dans la contamination : l’étude du Pr Fontanet

Il apparait donc normal que les contaminations se fassent dans un cercle privé. Elle porte sur 25.600 personnes infectées tirées des fichiers de l'assurance-maladie (Cnam), interrogées par questionnaire.

Dans le cadre d'une étude publiée dans la revue Nature publiée en novembre dernier, des chercheurs avaient analysé les déplacements de 98 millions d'Américains durant la première vague épidémique. Les cas index comme les cas témoins ont dû répondre à un auto-questionnaire sur leurs caractéristiques sociodémographiques, les lieux qu'ils fréquentent et leurs comportements. Parmi les personnes qui savent comment elles ont été infectées, un tiers (35 %) l'a été au sein du foyer, le plus souvent par son conjoint ou sa conjointe.

Elles pointent, dans les enquêtes réalisées, un échantillon "non représentatif" de la population, une méthode qui "n'a rien de scientifique" car elle recueille des déclarations de personnes "qui dans deux cas sur trois ignorent encore la personne source de leur contamination", et une période où leurs établissements étaient soit fermés soit "astreints à une activité très réduite". Puis en milieu professionnel, le lieu de la contamination étant un bureau partagé (34,5%), un lieu de restauration (24,3%), ou un véhicule (4,8%).

Toujours selon cette étude, la fréquentation des restaurants, bars et autres salles de sport multiplient aussi les risques d'infections.

Selon l'étude, les professions les plus touchées sont les commerciaux, les personnels de santé, les cadres, les ouvriers et les chauffeurs. Les enseignants à l'école et à l'université ont été plus épargnés. Par ailleurs, des activités comme prendre les transports en commun (bus et tram) et fréquenter les magasins ne sont pas considérées comme à risque.

Selon le Pr Arnaud Fontanet, auteur principal de l'étude, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du conseil scientifique auprès de l'Elysée "l'étude montre le risque élevé d'infection par le SARS-CoV-2 à l'occasion des repas et des réunions privées". "Il sera donc très important d'organiser ces rencontres de la façon la plus sûre qui soit pour les personnes les plus fragiles lors des fêtes de fin d'année", soulignent les chercheurs. Celle-ci sera poursuivie pour affiner ces premiers résultats. L'étude française devrait se poursuivre étant donné que les lieux et circonstances de contamination sont amenés à évoluer au cours de l'épidémie: elle peut donc représenter un outil de surveillance de l'évolution des modalités de contamination au cours du temps.

Certaines professions sont associées à une augmentation du risque.

Recommande: