Un scientifique du programme nucléaire assassiné à Téhéran — Iran

28 Novembre, 2020, 11:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Selon un rapport de l'AIEA daté de 2015 Mohsen Fakhrizadeh dirigeait des recherches scientifiques explorant une utilisation militaire du nucléaire iranien

Il y a "des indications sérieuses d'une responsabilité israélienne" dans l'assassinat du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh, et l'Iran se réserve le droit de se défendre, a déclaré le pays dans une lettre envoyée vendredi au secrétaire général et au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait accusé dès vendredi Israël d'avoir joué un "rôle" dans cet "acte terroriste".

Le chef de la diplomatie iranienne a également appelé la communauté internationale " à mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste ". Le chef d'état-major, le général de division Mohammad Baghéri, a lui prévenu qu'une "vengeance terrible" attendait "les groupes terroristes et les responsables et les auteurs de cette tentative lâche". Il a qualifié la mort de Mohsen Fakhrizadeh de "coup amer et lourd", assurant que les Iraniens "n'auront pas de repos tant que nous n'aurons pas pourchassé et puni" les personnes impliquées. "Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de Mohsen Fakhrizadeh", avaient-elles indiqué.

Des images et vidéos de la scène montrent une berline noire sur le bas-côté d'une route, le pare-brise criblé d'impacts de balles.

Le ministre de la Défense Amir Hatami a relevé à la télévision que Fakhrizadeh avait eu un "rôle marquant dans les innovations de défense". "Il gérait la défense nucléaire et faisait un travail considérable", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Le département d'État américain avait indiqué en 2008 que Mohsen Fakhrizadeh menait "des activités et des transactions contribuant au développement du programme nucléaire de l'Iran".

Contacté par l'AFP, un porte-parole de M. Netanyahu a refusé de commenter.

A deux mois de la fin de son mandat, Donald Trump a sondé de hauts responsables américains sur la possibilité d' "agir" contre un site nucléaire iranien, affirmait le 17 novembre le quotidien américain New York Times selon lequel ils l'en avaient dissuadé. C'est le deuxième assassinat qui cible un haut responsable iranien en l'espace d'un an. "Dans les derniers jours de la vie politique de leur (.) allié (ndlr, le président américain Donald Trump), les sionistes cherchent à faire monter la pression sur l'Iran et à provoquer une guerre ouverte", a tweeté le commandant Hossein Dehghan. "Nous frapperons les tueurs telle la foudre".

L'Iran attend par ailleurs d'Antonio Guterres qu'il condamne fermement cet assassinat et qu'il "prenne les mesures nécessaires à l'encontre de ses auteurs".

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l'élection du 3 novembre aux Etats-Unis. Les États-Unis, dans le cadre de leur politique de "pression maximale", ont ensuite rétabli puis durci les sanctions contre l'Iran.

Le gouvernement israélien considère que le plan AMAD, abandonné en 2003, avait effectivement pour but d'acquérir l'arme atomique et dit s'être procuré une grande partie des " archives " nucléaires iraniennes à ce sujet. L'Iran a toujours nié vouloir un tel armement.

Fakhrizadeh a été tué au lendemain du transfert par la Thaïlande de trois Iraniens détenus pour une attaque à la bombe manquée visant des diplomates israéliens à Bangkok en 2012. Pour l'ancien patron de la CIA, John Brennan, ce nouvel assassinat peut entraîner des " représailles létales et une nouvelle phase de conflit régional ".

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