Paul Bismuth s'est-il bien constitué partie civile — Affaire des écoutes

26 Novembre, 2020, 14:07 | Auteur: Lynn Cook
  • ERIC PIERMONT  AFP  Archives

L'ancien président est accusé de corruption et trafic d'influence pour avoir tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert, alors magistrat à la cour de cassation, des informations confidentielles à propos d'une autre affaire en cours.

Dans un réquisitoire sévère en octobre 2017, le PNF avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné". La raison: l'un des trois prévenus, Gilbert Azibert, n'a pu se déplacer du fait de son état de santé.

Une partie de la presse quotidienne fait sa Une sur l'ouverture du procès de Nicolas Sarkozy: "Justice, Bismuth levez-vous!" Nicolas Sarkozy n'a eu cesse de dénoncer une instrumentalisation politique de la justice et a, sans succès, multiplié les recours au motif que la retranscription d'échanges entre un avocat et son client serait illégale. La Cour de cassation lui a donné tort en mars 2016 mais cette question sera à nouveau âprement discutée dès le début du procès.

Un autre procès l'attend au printemps: celui de l'affaire Bygmalion sur ses frais de campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Ami de plus de 30 ans et avocat historique de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog est un grand nom du barreau de Paris.

Nicolas Sarkozy, président de la République de 2007 à 2012 et qui a conservé une forte influence au sein de la droite, nie toute malversation et s'est battu pour que l'ensemble des affaires le visant soient classées sans suite. Alors que la présidente du tribunal correctionnel, Christine Mée, énonçait son identité complète, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, il a répondu: " Sarkozy, c'est suffisant". À ses côtés, sur le banc des prévenus de la 32e chambre correctionnelle de Paris: Thierry Herzog, 65 ans, ami et avocat de l'ancien président de la République; Gilbert Azibert, 73 ans, ancien haut magistrat. Ces deux derniers le sont aussi pour violation du secret professionnel.

C'était la star inattendue de l'audience de lundi 23 novembre dans le procès de l'affaire dite des "écoutes".

Il est devenu avec ce dossier le premier ancien chef d'État français placé en garde à vue.

M. Sarkozy a souligné le harcèlement judiciaire, accusant les juges d'avoir violé le privilège avocat-client par écoutes téléphoniques. Ce placement sur écoute, spectaculaire pour un ex-Président, a débuté en septembre 2013. Les juges ont constaté que les discussions entre Sarkozy et son avocat suggéraient qu'ils savaient que les enquêteurs judiciaires de l'époque avaient mis leurs conversations sur leurs téléphones officiels - ils ont mentionné "les juges écoutent".

Après avoir bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt fin 2013, Nicolas Sarkozy avait en effet saisi la Cour de cassation pour faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels, susceptibles d'intéresser la justice dans d'autres procédures. Un contact de Thierry Herzog au sein de la haute juridiction, " Gilbert", plus tard identifié comme le magistrat Gilbert Azibert, revient dans une dizaine d'échanges sur environ 150 conversations en six semaines. Sarkozy a fait valoir qu'il n'était jamais intervenu pour aider Azibert, qui n'a jamais obtenu le poste et a pris sa retraite en 2014.

La liste dressée par Olivier Laffargue pour le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/03/21/les-dix-affaires-dans-lesquelles-nicolas-sarkozy-est-cite-ou-mis-en-cause_5274274_4355770.html est édifiante.

Les juges d'instruction considèrent que dès qu'une offre est proposée, elle constitue une infraction pénale même si les promesses ne sont pas tenues.

Recommande: