Haut-Karabakh : Emmanuel Macron auprès des Arméniens de France

24 Novembre, 2020, 17:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Drapeaux de l'Arménie

"En conformité avec la déclaration trilatérale (de fin des hostilités) signée par le président de l'Azerbaïdjan, le premier ministre de l'Arménie et le président de la Russie, des unités de l'armée azerbaïdjanaise sont entrées dans la région d'Aghdam le 20 novembre", a annoncé le ministère azerbaïdjanais de la Défense dans un court communiqué. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait qualifié cette initiative "d'extrêmement douloureuse" pour lui "et pour notre peuple".

Cet accord du 9 novembre, négocié par Vladimir Poutine, consacre la défaite arménienne après six semaines de combats cet automne qui ont fait probablement des milliers de morts.

La république autoproclamée du Nagorny Karabakh survit amoindrie et affaiblie à la guerre de six semaines qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan qui voulait en reprendre le contrôle.

Ce district faisait partie du glacis sécuritaire formé par les séparatistes autour de leur enclave. En récupérant ce vendredi le contrôle du district d'Aghdam, l'Azrbaïdjan opère donc la première des trois rétrocessions de territoires que contrôlaient les forces arméniennes depuis près de trente ans.

"Félicitations à tous les citoyens d'Aghdam".

Le président français, Emmanuel Macron, a apporté samedi son soutien à la communauté amérnienne, en se déplaçant au siège d'un "Phoneton" qui recueille des fonds au profit des populations en Arménie et au Haut Karabagh, région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne touchée par la guerre.

Quelque 2000 soldats de la paix russes sont par ailleurs en cours de déploiement pour s'assurer du respect du cessez-le-feu.

Dans le village de Nor Maragha appartenant au district, l'AFP a vu ces deux derniers jours les habitants abattre leur bétail, récolter leurs fruits et déménager leurs domiciles, avec le sentiment amer de devoir laisser à l'ennemi honni fermes et vergers.

Les soldats arméniens avaient déjà détruit jeudi leur quartier général à Aghdam, ville fantôme et en ruines depuis près de 30 ans où les séparatistes disposaient d'une base arrière.

A la fin de la guerre des années 1990, c'était l'exode inverse qui s'était produit, la totalité de la population azerbaïdjanaise fuyant ces régions. L'Arménie avait ensuite encouragé leur repopulation par des Arméniens.

- Quel rôle pour la Turquie?

En Arménie, l'accord de fin des hostilités continue d'agiter une frange de l'opposition qui accuse le Premier ministre Nikol Pachinian d'être un "traître" et réclame sa démission.

Vendredi, quelques dizaines de manifestants ont bloqué des rues dans le centre-ville d'Erevan et de Gyumri, réclamant le départ du Premier ministre avant d'être dispersés par la police, qui a déclaré avoir arrêté 25 personnes. Ilham Aliev s'est affiché cette semaine en treillis militaire et aux côtés de son épouse, la vice-présidente du pays, dans certains lieux emblématiques de territoires reconquis.

Si la Turquie n'est pas mentionnée dans l'accord de fin des hostilités, Ankara a annoncé que des militaires turcs prendraient part à l'observation du cessez-le-feu depuis un centre de coordination conjoint avec la Russie en Azerbaïdjan.

"Cet engagement humanitaire, c'est évidemment ce que nous devons aux 120.000 déplacés du Nagorny Karabakh (ou Haut Karabagh) et des 7 provinces restituées, mais aussi au million au moins d'Arméniens qui vivent aujourd'hui dans des conditions qui sont insoutenables", "sous-alimentés" et frappés par une "très grande pauvreté", a expliqué le président français.

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