Un millier de personnes contre le projet de loi "Sécurité globale" — Marseille

22 Novembre, 2020, 11:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis samedi 21 novembre 2020 sur la place du Trocadéro à Paris contre la loi de Sécurité globale. À la fin du rassemblement des heurts ont éclaté et des manifestants ont été encerclés par les forc

Au lendemain de l'adoption en première lecture par l'Assemblée d'un texte pénalisant la diffusion malveillante d'images des forces de l'ordre, des manifestations ont débuté samedi à l'appel notamment de syndicats de journalistes pour le retrait de ce qu'ils jugent être une "atteinte à la liberté d'expression" et à "l'Etat de droit".

Parmi les slogans repris en boucle: "Tout le monde veut filmer la police ", "la rue elle est à nous". Un rassemblement à la composition hétéroclite: sur la place, noire de monde, dont nombre de "gilets jaunes", flottent des drapeaux du PCF, d'EELV, de FO, du NPA, une banderole d'"Extinction rébellion" et une autre de Médiapart: "La démocratie meurt dans l'obscurité".

À Nice, ils étaient environ 300 personnes, selon la police, à défiler dans un cortège hétéroclite rassemblant des étudiants en journalisme, des anti-masques et des " gilets jaunes ".

Un manifestant du Trocadéro, Manuel Furtado, est "outré": "On nous dit qu'il faut limiter nos libertés pour le bien de tous mais là ça va trop loin".

Aux alentours de 17 heures, après l'ordre de dispersion diffusé par les forces de l'ordre, la tension est peu à peu montée sur la place du Trocadéro. La foule scande à plusieurs reprises à l'unisson "liberté, liberté, liberté". Des poubelles ont été incendiées et une petite dizaine de manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué en faisant usage de canons à eau et en chargeant, a constaté un journaliste de l'AFP. Il y a l'article 24, et il y a le reste: le droit d'installer des caméras dans les halls d'immeuble HLM, le survol de manifestations par des drones, les caméras piétons avec reconnaissance faciale.

A Lille, près de 800 personnes, selon la préfecture, ont protesté plus tôt derrière des pancartes " Même pas drone", " Orwell was right", " floutage de gueule ". Un autre millier à Rennes, idem à Montpellier et Toulouse. De nombreux jeunes étaient présents avec des pancartes " Baissez vos armes, nous baisserons nos téléphones ", " L'appareil photo, lui, n'a jamais tué personne ".

Une conférence de presse a été organisée parallèlement au siège de la Ligue des droits de l'Homme à Paris, en présence d'Amnesty International, de représentants des syndicats de journalistes et d'un responsable d'un syndicat de policiers minoritaire, la CGT-Intérieur.

"Nous sommes inquiets de la lente déliquescence de l'Etat de droit, qui semble mener à un Etat de police", a déclaré Arie Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme.

Dans le Figaro, Sylvain Maillard, député LREM de Paris, a tenté de désamorcer la colère: le texte "n'est pas bien compris".

Jean-François Cullafroz, de la CFDT, s'est félicité de la mobilisation des directeurs des rédactions des principaux médias, appelant les "patrons de presse à prendre position" lors d'une rencontre prévue mardi au ministère de l'Intérieur. Son collègue Pierre-Henri Dumont a regretté que cette mesure se base sur la loi sur la presse de 1881 et non sur des dispositions déjà existantes du Code pénal.

Pour rappel, cette loi est largement décriée par les défenseurs de la liberté d'informer, du fait de l'article 24, entres autres, qui prévoit jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende en cas de diffusion d'images de policiers, si lesdites images portent atteinte à son intégrité physique ou psychique. Un amendement gouvernemental a spécifié que cette mesure ne peut porter "préjudice au droit d'informer".

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