Trump participera vendredi au sommet en ligne de l'Asie-Pacifique

22 Novembre, 2020, 10:37 | Auteur: Lynn Cook
  • La Chine envisage d’adhérer au pacte transpacifique abandonné par Donald Trump

Donald Trump a rejoint vendredi soir le sommet virtuel, apparaissant aux côtés d'autres dirigeants par liaison vidéo au moment où le Premier ministre malaisien, l'hôte de l'Apec cette année, prononçait son discours d'ouverture. La Chine a ainsi choisi d'emblée de s'affirmer en championne du libre-échange faisant pendant au protectionnisme américain.

La Maison blanche a indiqué que M. Trump "a réaffirmé l'engagement des Etats-Unis à mettre à profit (son) rebond économique sans précédent après le Covid-19 et à promouvoir la paix et la prospérité dans la région indo-pacifique par une croissance économique forte". Mais Donald Trump, occupé à contester sa défaite électorale devant Joe Biden, n'a pas participé aux sommets avec les leaders asiatiques de l'Asean de ces dernières semaines. Cette réunion intervient une semaine après la signature du plus vaste accord de libre-échange au monde entre la Chine et 14 autres pays d'Asie-Pacifique.

La Chine étudiera l'option d'adhérer à un accord de libre-échange transpacifique autrefois promu par les Etats-Unis mais abandonné par Donald Trump, a déclaré vendredi le président Xi Jinping.

Ce Partenariat régional économique global (RCEP), signé sans l'Inde ni les Etats-Unis, est perçu comme une victoire pour Pékin, à l'origine de l'initiative, et une preuve de l'influence chinoise grandissante sur les règles du commerce mondial. En 2018, lors du dernier sommet de l'Apec, pour la première fois, les dirigeants ont échoué à s'accorder sur une déclaration finale, à cause de désaccords majeurs entre Washington et Pékin. "Il y a eu beaucoup de turbulences au cours de la dernière administration américaine", note Cai Daolu, expert du commerce international pour l'école de commerce de l'Université nationale de Singapour. Les observateurs avertissent cependant que la priorité du nouveau président sera la lutte contre l'épidémie de coronavirus, particulièrement grave aux Etats-Unis, et qu'il est peu susceptible de vouloir rejoindre un nouvel accord commercial au vu de l'opposition de la population.

Donald Trump avait retiré son pays de cet accord en janvier 2017, en dénonçant des accords multilatéraux "défavorables", mais onze pays ont fini par signer une nouvelle version de ce pacte. Ils ne devraient en conséquence pas jouer un rôle proactif cette année à l'Apec, laissant d'une certaine manière la voie libre à la Chine qui a toute lattitude pour défendre sa propre vision des échanges commerciaux.

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