L’Armée reconnaît avoir "tué illégalement" 39 civils afghans dont des adolescents — Australie

21 Novembre, 2020, 10:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Des troupes australiennes ont

Un haut responsable de l'armée australienne a admis jeudi 19 novembre des preuves crédibles selon lesquelles ses forces spéciales avaient " tué illégalement " au moins 39 civils et non-combattants afghans après avoir ouvert une enquête qui avait été menée pendant des années.

Le dossier va désormais être transmis à un procureur spécial, lequel sera chargé de déterminer si les preuves sont suffisantes pour engager des poursuites criminelles.

Le commandant de l'armée australienne a déclaré: " Certaines des patrouilles ont enfreint la loi, enfreint les règles, fabriqué des histoires, menti et tué des prisonniers. Les mains des armées occidentales étaient tachées de sang.

"Ce bilan honteux comprend des cas présumés dans lesquels de nouveaux membres de patrouille ont été contraints de tirer sur un prisonnier afin d'effectuer leur premier meurtre, dans une pratique effroyable connue sous le nom de "blooding", a aussi relevé le général Campbell. D'après le rapport, qui regroupe plus de 400 témoignages, ces jeunes soldats auraient ensuite mis en scène un affrontement pour camoufler l'incident. Le rapport recommande le versement d'indemnités aux familles des victimes, et le renvoi de 19 personnes devant la police fédérale australienne.

Il a par ailleurs demandé la révocation de certaines médailles décernées aux forces d'opérations spéciales ayant servi en Afghanistan entre 2007 et 2013.

Les troupes de combat australiennes ont quitté le pays en 2013, mais depuis, une série de récits souvent brutaux ont émergé à propos de la conduite des unités d'élite des forces spéciales.

Plus de 26 000 militaires australiens en uniforme ont été envoyés en Afghanistan, après les attaques terroristes contre les tours du World Trade Center à New York survenues le 11 septembre 2001. Et depuis, les médias australiens se sont fait l'écho de nombre d'accusations très graves contre ces forces, comme le cas d'un homme qui aurait été abattu pour faire de la place dans un hélicoptère, ou celui d'un enfant de six ans tué lors d'un raid contre une maison.

Le gouvernement avait d'abord cherché à fermer les comptes de lanceurs d'alerte faisant état de ces accusations, alors que la police s'en prenait aux journalistes les relayant. Mais le bureau du président afghan Ashraf Ghani a fait une interprétation différente de cette conversation. Il a notamment affirmé que le Premier ministre australien a fait part de "sa plus profonde tristesse" à la suite de ces fautes professionnelles, une version contestée par les responsables australiens.

L'affaire a éclaté en 2017, lorsque le radiodiffuseur public ABC a publié " Afghan Files ", une série d'enquêtes accusant les forces australiennes d'avoir tué des hommes et des enfants non armés en Afghanistan. Et le moins que l'on puisse dire c'est que ces conclusions sont loin d'être élogieuses pour l'armée australienne.

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