Plan de relance européen : la Slovénie soutient la Hongrie et la Pologne

19 Novembre, 2020, 16:35 | Auteur: Lynn Cook
  • UE la crise sur le plan de relance s'impose au sommet des 27

La Pologne et la Hongrie, lorsqu'elles ont adhéré en 2004 à l'Union européenne, ont accepté cet engagement, comme tous les autres membres.

La Hongrie, rejointe par la Slovénie, a refusé à nouveau hier de lier le versement de fonds européens à l'État de droit, tout en esquissant un compromis, alors que d'autres pays de l'Est affichent leur attachement à la démocratie.

Ce coup d'arrêt sera peut-être vite contourné - c'est en tout cas l'impression que l'Allemagne, qui assume la présidence tournante de l'UE, veut donner.

Car le principe d'un tel mécanisme à la majorité qualifiée avait été agréé, en juillet, par les chefs d'Etat et de gouvernement.

Le Conseil européen a décidé au cours de l'été que les futurs versements d'argent issus du prochain budget et du plan de relance économique, qui représentent ensemble environ 1.800 milliards d'euros, seraient liés au respect des normes démocratiques inscrites dans les traités de l'UE.

"Le dirigeant souverainiste entrouvre cependant pour la première fois la porte, en réclamant la mise en place de " critères objectifs " et la " possibilité d'un recours juridique ", si ce mécanisme d'État de droit qu'il fustige devait entrer en vigueur.

Mais, dans le même temps, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a enfin laissé apparaître ce qui pourrait constituer la voie d'une sortie de crise.

Plusieurs diplomates évoquent la possibilité de "redonner des garanties" sur l'impartialité du mécanisme pour donner des gages à Budapest, en réaffirmant que l'Etat visé pourra se défendre et saisir la Cour de justice de l'UE.

Mais cela suffira-t-il à convaincre le gouvernement ultra-conservateur à Varsovie, qui assure défendre ses valeurs dans "un conflit idéologique" avec "l'oligarchie européenne"? "Quand vous voyez les positions de la Pologne et de la Hongrie sur les migrations, le climat, l'Etat de droit, le budget, ça fait pas mal de sujets où ils ont des difficultés".

La Hongrie a opposé son veto au projet de budget de l'Union européenne et au fonds de relance post épidémique parce qu'ils l'auraient contrainte à accepter l'immigration, a déclaré mercredi le Premier ministre Viktor Orban.

Un jeu dangereux puisque Varsovie et Budapest, principaux bénéficiaires nets des fonds européens, ont aussi beaucoup à perdre.

Or, en exerçant cette vigilance, ces institutions veillent surtout à ce que les fondations de l'Union ne soient pas sapées.

Aucune solution n'est attendue jeudi: cette réunion prévue pour durer trois heures sera "l'occasion d'un échange de vues", mais "le manque de contact physique est un désavantage" et interdit les apartés décisifs, rappelle une source européenne.

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