Le Pentagone réduira la présence militaire US en Irak et en Afghanistan

19 Novembre, 2020, 08:58 | Auteur: Lynn Cook
  • Les Etats Unis réduiront leurs troupes en Afghanistan et en Irak d’ici janvier 2021 annonc le Pentagone suivant la volonté de Donald Trump

Le retrait interviendra alors que Donald Trump, qui avait promis en 2016 de mettre un terme aux "guerres sans fin", cédera le pouvoir au démocrate Joe Biden cinq jours plus tard.

Le président Donald Trump réduira fortement le nombre de forces américaines en Afghanistan de 4500 à 2500 avant de quitter ses fonctions, a annoncé mardi le Pentagone, s'arrêtant avant le retrait complet que Trump menaçait d'effectuer d'ici Noël.

"D'ici le 15 janvier 2021, la taille de nos forces en Afghanistan sera de 2.500 soldats, la taille de nos forces en Irak sera également de 2.500 soldats à cette même date", a déclaré le secrétaire à la Défense par intérim, Christopher Miller, lors d'un point de presse au Pentagone. En Irak, un demi-millier de soldats américains vont être rapatriés, laissant environ 2.500 militaires sur le terrain.

Mais l'annonce suscite la crainte, aux Etats-Unis et dans le monde, d'une résurgence des groupes extrémistes, près de 20 ans après les attentats du 11 septembre 2001 fomentés par Al-Qaïda alors sous la protection des talibans afghans.

Il a estimé que " l'Afghanistan risque de redevenir une base pour les terroristes internationaux qui planifient et organisent des attaques dans nos pays et l'Etat islamique pourrait reconstruire en Afghanistan le califat de terreur qu'il a perdu en Syrie et en Irak ".

Le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell avait estimé lundi que les États-Unis " abandonneraient " leurs alliés en procédant à un retrait trop rapide.

"En Afghanistan, les troupes américaines seront réduites de 4.500 à 2.500, tandis qu'en Irak, elles passeront de 3.000 à 2.500".

"On y est allé ensemble, on a changé ensemble, et quand le temps sera venu, on partira ensemble", a dit le ministre américain pour rassurer ses alliés. M. Miller a précisé avoir parlé à M. Stoltenberg et au président afghan Ashraf Ghani.

Les militants talibans, luttant contre le gouvernement soutenu par les États-Unis à Kaboul, ont appelé les États-Unis à s'en tenir à un accord de février avec l'administration Trump pour retirer les troupes américaines d'ici mai, sous réserve de certaines garanties de sécurité.

"Al-Qaïda est en Afghanistan depuis des décennies et nous serions idiots de dire qu'ils vont s'en aller demain", a expliqué un haut responsable du Pentagone peu avant l'annonce de M. Miller. "C'est une bonne mesure et c'est dans l'intérêt des peuples" afghan et américain, a réagi mercredi Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans. Les violences n'ont cependant fait qu'augmenter ces derniers mois sur le territoire afghan. Elle a été revendiquée par l'EI mais le gouvernement a accusé les talibans d'en avoir été les instigateurs.

Et en Irak, sept roquettes ont visé l'ambassade américaine à Bagdad au moment où intervenait Christopher Miller, rompant plus d'un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iran.

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