Le vaccin de la Covid-19 déjà "monopolisé" par les pays riches ?

15 Novembre, 2020, 23:06 | Auteur: Lynn Cook
  • Vaccin contre la Covid-19: sera-t-il obligatoire ?

La société qui a développé ce vaccin a confirmé que l'efficacité de l'immunisation se réalise après une semaine de la réception de la deuxième injection du vaccin qui, jusqu'à présent, a été expérimenté sur plus de 34 500 individus, prévoyant l'obtention d'une autorisation américaine en novembre pour l'utiliser dans les cas d'urgence, notamment puisque ses effets secondaires ne sont pas néfastes. Ces deux entreprises pharmaceutiques s'attendent à fournir jusqu'à 1,3 milliard de doses l'an prochain. Les pays riches se sont précipités pour pré-acheter des millions de doses, avant même que l'efficacité du vaccin ne soit confirmée.

La semaine s'est passée dans un tourbillon de chiffres XXL, un choc d'annonces, avec un pic euphorique mercredi lorsque la Russie affirme que son vaccin Spoutnik V est efficace à 92% et qu'un autre challenger, l'américain Moderna évoque. une évaluation future prometteuse.

Anticipant la demande démesurée de tout vaccin approuvé, l'OMS a créé l'initiative Covax en avril pour assurer une distribution équitable.

Covax réunit des gouvernements, des scientifiques, la société civile et le secteur privé. Pfizer n'en fait pas partie, mais a cependant "exprimé son intérêt pour un éventuel approvisionnement" de Covax, a indiqué un porte-parole du laboratoire.

Pour Rachel Silverman, chargée de mission au Center for Global Development, il est peu probable qu'une partie conséquente du premier lot de vaccins aboutisse dans les pays les plus pauvres. "Il ne reste plus grand-chose pour tous les autres", dit-elle à l'AFP.

"Il faut éviter que les pays riches absorbent tous les vaccins et qu'il n'y ait pas assez de doses pour les plus pauvres", plaide Benjamin Schreiber, coordinateur du vaccin covid-19 à l'Unicef.

Outre l'éthique, les données épidémiologiques soulignent la nécessité d'une distribution équitable.

Des chercheurs de l'Université Northeastern (États-Unis) ont récemment publié une étude examinant le lien entre l'accès au vaccin et la mortalité due au covid-19.

Ils ont modélisé deux scénarios. Le second, s'il était réparti en fonction de la population d'un pays et non de sa capacité de payer.

Dans la première hypothèse, les décès de la COVID-19 seraient réduits d'un tiers (33 %) dans le monde.

Dans une publication partagée sur son compte Facebook officiel, l'ambassade des États-Unis en Algérie a félicité hier, samedi 14 novembre, le DR Salim Bouguermouh, un scientifique algérien membre de l'équipe Pfizer, qui a travaillé sur l'élaboration du nouveau vaccin contre le Coronavirus (Covid-19).

"Il faut du temps" pour aller plus loin, estime-t-il, sur ses gardes: "Entre les pays où règne l'omerta et ceux où on fait des coups en Bourse, c'est compliqué de faire la part des choses".

"Nous avons de l'expérience dans le déploiement du vaccin contre Ebola", rappelle pour sa part Benjamin Schreiber, un vaccin qui a un profil similaire à celui de Pfizer en termes de température de conservation.

Enfin, même si plusieurs vaccins sont déployés dans les mois à venir, il faudra franchir un dernier obstacle: la méfiance envers la vaccination, l'une des 10 principales menaces pour la santé mondiale selon l'OMS.

La vaccination contre le virus Ebola a pratiquement éradiqué le virus, mais plusieurs études ont montré comment les progrès avaient ralenti en raison de la méfiance et de la désinformation, à la fois en ligne et au sein des communautés.

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