L'Assemblée nationale vote la prorogation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février

24 Octobre, 2020, 23:29 | Auteur: Lynn Cook
  • Alors qu’il était à l’Assemblée nationale pour défendre la prolongation de l’état d’urgence sanitaire le ministre de la Santé a estimé que la situation épidémique allait s’alourdir dans les prochains jours et semaines

Le gouvernement vient d'élargir le couvre-feu à 54 départements et à la Polynésie, soit 46 millions de Français concernés. La situation " va s'alourdir dans les prochains jours et semaines, quoi que nous fassions ", a prévenu Olivier Véran devant les députés.

Face l'urgence sanitaire et à la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, l'Assemblée a décidé de proroger l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février 2021.

Pour appliquer ce panel de dispositions, l'exécutif se fonde sur l'état d'urgence, rétabli par décret depuis une semaine sur l'ensemble du territoire.

Par rapport au printemps dernier, l'opposition, à gauche comme à droite, a haussé le ton dans l'hémicycle de la chambre basse du Parlement pour s'inquiéter de la "mise entre parenthèses des libertés publiques" par cette "arme atomique" de l'état d'urgence.

Pour disposer de "facultés d'intervention" au-delà, un régime de sortie d'urgence est programmé jusqu'au 1er avril, permettant des restrictions, mais moindres.

La gauche de la gauche est venue en soutien de la droite, Danièle Obono (LFI) accusant le gouvernement de préférer "confiner nos libertés ", après des mois de "politique de gribouille " sur les masques ou les lits disponibles.

Car si la plupart des groupes politiques soutiennent la nécessité pour le gouvernement de pouvoir agir, ils refusent de donner un "blanc seing".

L'article 3 est la traduction de la stratégie "tester, tracer, isoler", fait valoir le rapporteur Jean-Pierre Pont (LREM), avec la prolongation jusqu'au 1er avril des systèmes numériques de collecte des résultats des tests et des personnes contacts.

Jusqu'au sein de la majorité, des interrogations se font jour, comme chez Agir où Christophe Euzet a rappelé la ligne de crête de "l'acceptabilité sociale des mesures prises".

Dans une tribune parue dans Le Monde, la défenseure des droits Claire Hédon se demande si le couvre-feu est la mesure "la plus adéquate, considérant l'ampleur de l'atteinte aux libertés qu'elle implique " et en appelle à un "débat public approfondi ". "En temps de paix, la République n'a jamais connu une telle restriction des libertés ", alerte Jean-Marie Burguburu.

Le projet de loi, voté par 71 voix contre 35, est attendu au Sénat mercredi et devrait définitivement être adopté début novembre.