Attentat de Conflans : six personnes mises en examen pour complicité d'assassinat terroriste

22 Octobre, 2020, 23:43 | Auteur: Sue Barrett
  • Un portrait de Samuel Paty est désormais visible sur la place du Général de Gaulle

Parmi les sept personnes mises en examen mercredi soir pour l'assassinat du professeur, -dont six pour "complicité d'assassinat terroriste"- figurent deux élèves de 14 et 15 ans du collège où il enseignait, et un parent d'élève qui avait appelé sur Internet à la mobilisation après les cours de M. Paty sur la liberté d'expression. Un troisième proche, Yussu C., est lui poursuivi pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes".

Les gardes à vue de neuf d'entre elles ont été levées.

"L'enquête a établi que si l'auteur du fait a bénéficié du patronyme de l'enseignant, du nom et de la localisation du collège, en revanche, il ne disposait pas des moyens lui permettant de l'identifier", a dit Jean-François Ricard. Le collégien qui a reçu une partie de l'argent, accompagné d'un autre camarade, a ensuite donné une description physique.

"Ce dernier leur a déclaré avoir l'intention de filmer le professeur, de l'obliger à demander pardon pour la caricature du prophète, de l'humilier, de le frapper", a détaillé Jean-François Ricard. Ces deux collégiens se sont mis "peu après à l'écart avec l'assaillant afin, semble-t-il, de se dissimuler des caméras de surveillance et d'un véhicule de police en patrouille".

Les trois autres personnes déférées sont des proches du meurtrier, dont deux l'ont accompagné dans une coutellerie à Rouen pour l'achat d'un couteau, a expliqué le procureur, ajoutant que l'arme avait été retrouvée à proximité du corps de l'assaillant, abattu par des policiers quelques instants après son attaque. Mais les deux hommes "contestent avoir eu connaissance des projets mortifères de leur ami".

Le dernier suspect, Youssouf C., est déféré "du fait de contacts très rapprochés et du partage manifeste de l'idéologie radicale" de l'assaillant.

Ce message a été relayé dans une vidéo diffusée sur Instagram, notamment.

Dans une séquence tournée mardi 20 octobre, on peut retrouver Blanche Marci, la prof de français et d'histoire de l'art (incarnée par Cécilia Hornus), sa collègue professeure de mathématiques Coralie (Coralie Audret) et le proviseur Rochat (Charles Schneider) réunis dans la salle des professeurs afin de discuter des récents événements.

Brahim Chnina est accusé, tout comme le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, d'avoir "nommément désigné le professeur comme cible sur les réseaux sociaux". Le père d'élève a "réfuté toute volonté de violence à l'encontre de l'enseignant". Les enquêteurs antiterroristes s'intéressent également à des échanges téléphoniques entre ce parent d'élève et l'assaillant. Abdelhakim Sefrioui a lui "réfuté toute responsabilité dans le passage à l'acte" de l'assaillant.

L'assassinat de Samuel Paty s'inscrit dans un "contexte d'appels aux meurtres" lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre, avant l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015 à Paris, toujours en cours, a conclu le procureur antiterroriste.

En marge de l'enquête judiciaire, le conseil des ministres a prononcé la dissolution du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine ce mercredi.

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