Google poursuivi par le ministère américain de la justice — USA

21 Octobre, 2020, 22:37 | Auteur: Lynn Cook
  • Laffaire Google pose la question de la domination dun moteur de recherche-experts | Crédits

Le département de la justice américain a lancé hier mardi une procédure contre le Google, accusant le géant de la tech, d'utiliser illégalement sa puissance commerciale pour entraver et étouffer la concurrence.

La procédure intentée au géant du web bénéficie du soutien de politiciens de droite comme de gauche.

"Google est la porte d'accès à internet", a déclaré le numéro deux du ministère, Jeffrey Rosen, lors d'une conférence de presse. "Si le gouvernement n'applique pas les lois antitrust pour permettre la concurrence, nous pourrions manquer la prochaine vague d'innovation".

Le ministère de la Justice et onze États américains, en majorité républicains dont le Texas et la Floride, cherchent à empêcher Google de "conserver des monopoles illégaux sur les marchés pour les services généraux de recherche, les recherches publicitaires et les recherches générales pour les annonces publicitaires aux États-Unis".

"Le procès intenté aujourd'hui par le Département de la Justice est profondément douteuse". Derrière le ministère de la Justice, les gouverneurs de 11 États du pays se sont alignés dans une bataille qui représente l'une des actions antitrust les plus importantes de ces dernières décennies. Parmi ceux-ci pourrait figurer un démantèlement de certains activités du groupe. C'est ainsi que fonctionnent les affaires physiques et Google implique que les biens numériques ne devraient pas être différents.

Le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley, très critique à l'encontre des GAFA, s'est réjoui des poursuites attendues du gouvernement américain, affirmant qu'il s'agirait "du procès pour abus de position dominante le plus important en une génération".

En juillet dernier, à l'instar de Mark Zuckerberg pour Facebook ou encore de Jeff Bezos pour Amazon, Sundar Pichai, l'actuel PDG de Google, avait été entendu devant le Congrès américain pour répondre au comportement qualifié d'anticoncurrentiel de son entreprise. Et puisque ce type d'algorithme est fait plus raffiné et compétitif avec l'augmentation des effectifs qui l'utilisent, les concurrents de Google sont coupés d'emblée, condamnés à offrir services moins précis pour trouver exactement ce que les consommateurs recherchent en ligne. Google aurait également signé des accords à long terme avec Apple pour assurer que son moteur de recherche soit celui proposé par défaut. L'accord avec Apple et d'autres entreprises est cité dans le cadre de l'argumentation du ministère. Il a comparé cette pratique à celle d'une marque de céréales qui paie pour être placée "à hauteur du regard" dans les rayons d'un supermarché. "Sur les ordinateurs de bureau, cet espace est massivement contrôlé par Microsoft" justifie-t-il.

En 2018, Google a écopé d'une amende de 4,3 milliards d'euros de la part des autorités européennes de la concurrence pour pratiques déloyales dans l'écosystème Android afin de renforcer sa position dominante, notamment dans le domaine de la recherche sur internet. La groupe a fait appel de cette sanction financière.

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