Les élèves et parents sous le choc — Professeur décapité

19 Octobre, 2020, 02:11 | Auteur: Sue Barrett
  • Emmanuel Macron s'est rendu à Conflans-Sainte-Honorine après l'attaque terroriste dont a été victime un professeur d'histoire

Est également questionné, le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant.

En quelques heures, et spontanément, en dehors de toute organisation syndicale, une cinquantaine de personnes, des enseignants mais pas seulement, se sont retrouvées pour témoigner de leur effroi après le meurtre d'un enseignant d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Sur son cadavre sont découverts un poignard ainsi qu'une arme utilisée en Airsoft, et 5 cartouches de gaz.

A 17 h 11, les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans-Sainte-Honorine sont appelés par les policiers municipaux d'Eragny-sur-Oise, en région parisienne, qui ont découvert le corps d'un homme décapité sur la voie publique, a relaté samedi le procureur du parquet national antiterroriste (PNAT), Jean-François Ricard. Il n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, selon plusieurs sources proches du dossier. Cette photo était accompagnée d'un message adressé à Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", expliquant vouloir se venger de celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

Ses parents, son grand-père et son frère cadet ont été interpellés à Evreux (Eure) dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé sa fille dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également.

Le procureur n'a fait aucun lien entre ce père de famille, son entourage et l'assaillant. Ils ne passeront pas.

Un hommage national sera rendu mercredi à ce professeur d'histoire-géographie, a annoncé l'Élysée. "Et un conseil de défense, présidé par Emmanuel Macron doit avoir lieu dimanche".

La victime n'est personne d'autre que le professeur d'histoire qui a demandé aux élèves musulmans, il y a une semaine, de sortir de son cours pour ne pas les choquer avec la caricature du prophète Mohammed, nu. "D'autres expressions (de soutien NDLR) et annonces sont prévues après les réunions", a-t-on appris auprès de l'exécutif.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a salué la "réaction " tout à fait appropriée de la cheffe d'établissement qui a réuni les parents et en défendant l'enseignant. "Dans un message vidéo " à tous les enseignants " du pays, il leur a promis que l'État serait à leurs côtés pour les " protéger ".

Selon les premiers témoignages, le meurtrier qui employait en ligne le pseudonyme Tchetchene_270 guettait sa victime devant le collège du Bois-d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine depuis l'après-midi.

Samedi matin à Conflans-Sainte-Honorine, des roses blanches ont été déposées à l'entrée du collège de ce quartier pavillonnaire, où élèves et parents sont en état de choc.

Sans casier judiciaire, il était cependant connu des services de police pour avoir commis, étant mineur, des "dégradation de bien publics et des violences en réunion ".

" Face à ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble en évoquant les caricatures du prophète de l'Islam, nous réaffirmons que rien, absolument rien, ne saurait justifier l'assassinat d'un Homme", a réagi sur Twitter le Conseil français du culte musulman (CFCM).

La vague d'attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France a fait 259 morts avec celle de ce professeur.

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