Enseignant tué dans les Yvelines : que sait-on du tueur ?

19 Octobre, 2020, 15:36 | Auteur: Lynn Cook
  • Professeur décapité: la haine a été attisée par une famille ayant des liens avec Daech

Ce qui fait quatre personnes interpellées à Évreux (Eure), le lieu de résidence de l'individu en question.

Sans casier judiciaire, il était cependant connu des services de police pour avoir commis, étant mineur, des "dégradation de bien publics et des violences en réunion ". En France, " était porteur d'un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu'en mars 2030 ", et " il bénéficiait du statut de réfugié ", a indiqué Jean-François Ricard.

Le message de revendication publié sur Twitter avec la photo du professeur d'histoire décapité a été publié sur un compte appartenant bien à Abdoullakh Abouyezidovitch A. Le message interpellait également "Macron, le dirigeant des infidèles" "J'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer, qui a osé rabaisser Mohammad", a-t-il écrit.

La préméditation et la préparation sont désormais incontestables.

Samuel Paty, âgé de 47 ans et père de famille, enseignait l'histoire-géographie au collège du Bois d'Aulne. Ils ont effectué les sommations d'usage avant de tirer. Sur son cadavre sont découverts un poignard ainsi qu'une arme utilisée en Airsoft, et 5 cartouches de gaz.

Son corps comporte 9 impacts de balles.

La mort du suspect n'a pas éteint la procédure. L'enquête ouverte vendredi soir par le parquet antiterroriste l'a été pour "assassinat en lien avec une entreprises terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes".

Et c'est sur ce volet, que le procureur Ricard a donné des éléments nouveaux.

À l'origine: des vidéos mises en ligne par un père d'élève, dont la demi-sœur avait rejoint le groupe Etat islamique en Syrie en 2014, dénonçant la présentation par le professeur de deux caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression quelques jours plus tôt, selon le procureur antiterroriste. Le professeur avait bien proposé aux élèves que ces images auraient pu heurter de détourner le regard, voire de sortir. Ils ne les avait en aucun cas exclu du cours. Le père de l'élève y relate une nouvelle fois les faits.

Le même jour, dans la soirée, le même parent d'élève publiait une vidéo accompagnée d'un texte, toujours sur son compte Facebook, dans laquelle il désignait nommément le professeur, donnait l'adresse du collège et incitait "à dire stop". Il dépose ensuite une plainte pour diffusion d'images pornographiques. Selon les informations du Monde, l'assaillant avait donné de l'argent à des élèves de l'établissement en échange d'informations pour identifier l'enseignant. Des posts où le président Macron était cité. Cinq autres personnes ont également été arrêtées, dont un père d'élève du collège. Le parent d'élève avait refusé de rencontrer l'enseignant dans le cadre de la médiation organisée par la principale. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a démenti dimanche que l'enseignant des Yvelines était menacé d'une sanction ou de remontrance. "Cela questionne sur le rôle des réseaux sociaux".

Interpellé samedi à Évry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine, le père d'une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Recommande: