Guinée : 5 millions d’électeurs pour départager Alpha Condé et ses opposants

18 Octobre, 2020, 19:40 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président guinéen Alpha Condé et le chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo. 

À la sortie de la ville de Mamou, le 15 octobre.

Douze candidats et candidates sont en lice pour diriger ce pays de 12 à 13 millions d'habitants, parmi les plus pauvres du monde malgré ses immenses ressources naturelles.

Le président Alpha Condé était lui-même rentré à Conakry, mercredi soir, après avoir écumé le pays en hélicoptère pendant plusieurs jours malgré ses 82 ans, afin d'haranguer des foules chauffées à blanc, pourfendre Cellou Dalein Diallo et faire mentir ce dernier sur sa santé déclinante. Il a souhaité que M. Diallo revienne "rapidement à la raison".

Le scrutin de 2020 n'échappe pas aux tensions des précédents. Des dizaines de civils ont été tués. "Alpha Condé, qui a fait tout ce chemin, qui a modifié la Constitution, est-ce qu'il (serait allé) jusque-là pour perdre l'élection", demande Kabinet Fofana, président de l'Association de sciences politiques. Cette bataille, le chef de l'État, qui a fait modifier la Constitution lors d'un référendum controversé pour pouvoir se représenter, espère l'emporter dès le premier tour, par un nouveau " coup KO ", comme il l'avait théorisé en 2015.

Les grandes organisations internationales se sont alarmées de "discours de haine à relent ethnique" après qu'Alpha Condé eut mis en garde les électeurs malinkés contre la tentation de voter pour un autre candidat de cette communauté que lui.

C'est devant des journalistes que Cellou Dalein Diallo a accompli son devoir de citoyen, accompagné de son épouse et de quelques responsables de son parti.

Il a toutefois accusé le parti au pouvoir de vouloir fausser l'élection.

"De manière générale, les choses se déroulent normalement et sans incident", a dit à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Albert Damantang Camara, en relevant "des petits problèmes avec la distanciation sociale par rapport à la Covid".

Ancien opposant historique devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu après des années de régimes autoritaires, Alpha Condé revendique d'avoir redressé un pays qu'il avait trouvé en ruines et d'avoir fait avancer les droits humains.

Un éventuel second tour est programmé le 24 novembre.

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