Tout oppose Londres et Bruxelles sur l'après-Brexit

17 Octobre, 2020, 02:57 | Auteur: Lynn Cook
  • L'Elysée ne veut pas d'un accord sur le Brexit aux dépens de la pêche

Il n'y a d'intérêt à une visite à Londres (du négociateur européen) Michel Barnier que s'il est prêt à discuter de manière accélérée (...) sans que le Royaume-Uni ait à faire toutes les concessions (...).

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a conditionné vendredi la poursuite des négociations commerciales post-Brexit à "un changement fondamental d'approche" de la part des Européens, malgré la menace d'un "no deal" le 1er janvier. Le Conseil note jeudi dans ses conclusions, " avec inquiétude", que les progrès des négociations sur des points importants ne sont " pas encore suffisants ". "Surpris que l'UE ne s'engage plus à oeuvrer 'intensément' à la conclusion d'un futur partenariat comme convenu avec (Ursula von der Leyen) le 3 octobre". "Pour le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, une sortie du Royaume-Uni sans accord est désormais une perspective " très crédible " et " vraisemblable", a-t-il déclaré ce mardi.

Michel a ajouté que le négociateur de l'UE Michel Barnier, qui doit se rendre à Londres lundi, poursuivrait les négociations la semaine prochaine avec le bloc intensifiant les préparatifs d'un Brexit sans accord.

" Les négociations commerciales sont terminées: l'UE y a mis fin de facto en disant qu'elle ne voulait pas changer de position de négociation", a-t-il dit.

Cette dernière a assuré malgré tout que des négociateurs européens se rendraient à Londres la semaine prochaine " pour intensifier " les discussions, s'attirant une réponse sèche de Downing Street.

"L'état de nos discussions n'est pas que nous serions en train d'achopper sur la pêche, ce qui est l'argument tactique des Britanniques, mais nous achoppons sur tout", a-t-il dit, évoquant notamment les règles de libre concurrence. Et de marteler que "nous sommes prêts à un accord, mais pas à tout prix". La proposition des Britanniques est l'accès au marché unique sans respect des règles.

Lors de leur sommet à Bruxelles, les 27 chefs d'États et de gouvernements de l'Union européenne ont appelé le gouvernement britannique à faire les gestes nécessaires pour parvenir à un accord sur la future relation euro-britannique.

" A moins d'un changement fondamental d'approche, nous allons vers la solution à l'australienne et nous devons le faire avec une grande confiance ", a déclaré Boris Johnson en référence aux relations entre l'Australie et l'UE, qui ne s'appuient sur aucun accord de libre-échange bilatéral étendu.

Les discussions entre Londres et Bruxelles ont aussi été affectées par le projet de loi du gouvernement britannique revenant en partie sur le traité du Brexit, qui encadre le départ britannique le 31 janvier dernier.

" En ce qui concerne l'accord de retrait et ses protocoles, ils doivent être pleinement mis en œuvre". Mais, comme l'a rappelé Emmanuel Macron, le problème des Britanniques n'est pas seulement avec les droits de pêche des Européens dans leurs eaux, mais avec toutes les autres exigences de l'Union qu'ils rejettent parce qu'elles portent atteinte à leur "souveraineté" retrouvée.

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