La ruée vers les vaccins — Grippe

17 Octobre, 2020, 09:42 | Auteur: Jonathan Ford
  • Va-ton manquer de vaccins contre la grippe ? Chaque année seules 60 % des personnes ciblées se font vacciner ce qui laisse une marge, estime en outre le Pr Jean Luc Schmit

Si l'ensemble de la population peut en théorie se faire vacciner contre la grippe saisonnière, le ministère des Solidarités et de la Santé appelle les personnes ne présentant aucun risque particulier à différer leur vaccination à début décembre pour laisser la priorité aux personnes les plus fragiles. On va aussi viser toutes les personnes atteintes par des pathologies chroniques, notamment respiratoires telles que la bronchite chronique, l'asthme... A Vernou-sur-Brenne (Indre-et-Loire), le responsable syndical des pharmaciens tourangeaux Nicolas Hay a lui aussi vu "beaucoup plus de personnes venir chercher leur vaccin dès le premier jour, au moins le double des années précédentes".

Les médecins traitants ont écrit au ministre de la Santé, inquiets de ne pas pouvoir répondre à cette affluence. Bien qu'il confirme le caractère "tendu" de la situation, Gilles Bonnefond, lui-même pharmacien à Montélimar, temporise. Le pharmacien indique d'ailleurs avoir été livré de la commande qu'il devait recevoir fin octobre ce vendredi. Sur fond de crise sanitaire, les autorités de santé ont décidé de sortir le grand jeu. L'an passé, 600.000 doses n'ont pas été utilisées et ont été détruites.

Quoi qu'il en soit, en prévision de ces difficultés "Pour la première fois, en plus des commandes des officines, nous avons procédé à des sécurisations de commandes d'État". Ces chiffres se reflètent aussi en Occitanie.

Le ministère de la Santé a déclaré que cette campagne de vaccination a une connotation très particulière et devrait intéresser tout le monde, surtout avec les risques de saturation des hôpitaux en hiver et la pandémie du coronavirus.

Cet objectif, qui correspond à celui défini par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est nettement supérieur au niveau atteint l'année dernière, qui "n'était que de 47,8%" (52% pour les plus de 65 ans mais seulement 30% pour les moins de 65 ans à risque), rappellent le ministère de la Santé, Santé publique France et l'Assurance maladie dans un communiqué. À Lille, Elisabeth Sacepe confirme cette tendance: "les personnes qui sont venues sont pour le trois-quarts des personnes qui avaient un bon".

En Dordogne, zone jusqu'ici plutôt épargnée par l'épidémie de coronavirus, les patients munis de leurs bons ont tout de même été au rendez-vous pour récupérer leur vaccin.

"Se faire vacciner sera un acte citoyen cette année", lance François Agostini, médecin généraliste et vice-président de l'URPS (l'Union Régionale des Professionnels de Santé). Quant aux moins de 65 ans "à risques", 29,9 % des habitants de la région se sont fait vacciner (31 % en France). En Occitanie, lors de la campagne 2019-2020, 48,8 % des personnes fragiles ont reçu un vaccin avec un taux similaire (48,6 %) en Aveyron. Le message a semble-t-il été entendu: "nombre d'entre elles ont rapidement été dévalisées, à l'image de la pharmacie de Lionel Négrier, à Colomiers." Mardi, nous avons eu 54 personnes qui sont venues se faire vacciner dans la journée, c'est du jamais vu!

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