Israël, le Liban et l'or noir

17 Octobre, 2020, 16:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Benjamin Netanyahou

Ces pourparlers, annoncés au début de ce mois, se tiendront à Naqoura, localité frontalière dans le Sud-Liban, au sein de locaux de la Finul, la force des Nations unies déployée pour surveiller la zone tampon entre les deux pays.

Pour cette première rencontre, le secrétaire d'État adjoint américain pour le Moyen-Orient David Schenker a endossé le rôle de médiateur.

Le président libanais Michel Aoun a souligné vendredi la volonté du Liban de parvenir à des solutions équitables pour la démarcation de la frontière maritime avec Israël, selon un communiqué de la présidence libanaise.

Ceux-ci sont cruciaux pour un Liban en faillite qui s'est lancé dans la prospection d'hydrocarbures offshore.

" Notre réunion du jour marque le coup d'envoi des négociations techniques indirectes ", a déclaré le chef de la délégation libanaise, le général Bassam Yassine, dans son discours inaugural publié par l'armée.

" Nous espérons que les négociations se dérouleront à un rythme nous permettant de clore ce dossier dans un délai raisonnable ", a-t-il ajouté. Le pays a signé en 2018 son premier contrat d'exploration pour deux blocs avec un consortium international. Mais une partie d'un des blocs, le numéro 9, déborde sur une zone de 860 kilomètres-carrés que le Liban et Israël se disputent. "Nous ne nous faisons aucune illusion".

Le ministre libanais des Affaires étrangères sortant, Charbel Wehbi, a déclaré que les négociateurs libanais " seront plus féroces qu'ils ne le pensent car nous n'avons rien à perdre ".

Deux militaires et deux civils - un responsable de l'Autorité du pétrole et un spécialiste du droit de la mer - représentent le Liban.

Une guerre dévastatrice avait opposé le Hezbollah et Israël en 2006, faisant plus de 1200 morts au Liban, surtout des civils, et 160 côté israélien, essentiellement des militaires. Selon l'ONU, des pourparlers sur les frontières terrestres seront menés séparément dans le cadre de ces rencontres.

Le Hezbollah utilise son rôle de " résistance " face à Israël comme justification pour garder son arsenal.

Le 2 janvier dernier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé à Athènes un accord sur le projet de réalisation du gazoduc EastMed.

Israël a déjà développé une industrie du gaz naturel ailleurs dans ses eaux économiques qui produit suffisamment de gaz pour la consommation intérieure et pour l'exportation vers les pays voisins, l'Égypte et la Jordanie. Mais si le premier veut délimiter les espaces maritimes, le second veut aussi traiter des frontières terrestres.

Accord qui pourrait constituer une réponse à un accord similaire conclu en novembre dernier entre la Turquie et le gouvernement officiel libyen qui siège à Tripoli, et aux termes duquel l'espace maritime de la Turquie est considérablement élargi. Ce qui a suscité l'ire de la plupart des Etats situés en Méditerranée orientale.

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