L'OMS n'envisage pas de laisser le Covid-19 circuler librement — Immunité collective

16 Octobre, 2020, 11:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Immunité collective laisser le virus circuler librement

Après avoir constaté le retour à la hausse du nombre de covidés dans certains coins du monde, l'Organisation mondiale de la Santé (Oms) a initié une rencontre ce lundi pour évaluer la maladie.

"Jamais, dans l'histoire de la santé publique, l'immunité collective n'a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie. C'est scientifiquement et éthiquement problématique", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

"L'immunité collective est obtenue en protégeant les gens contre un virus, non en les exposant à celui-ci", a-t-il déclaré.

Le concept d'immunité collective est utilisé dans les campagnes de vaccination, a-t-il expliqué, mais pour la variole il faut que 95% de la population soit vaccinée pour que les 5% restant soient protégés, a-t-il rappelé.

Le nouveau coronavirus a tué plus d'un million de personnes et infecté plus de 37,5 millions depuis son apparition en Chine à la fin de l'année dernière.

Image d'archive du chef de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. "La grande majorité des personnes dans la plupart des pays sont susceptibles de contracter ce virus". Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, le monde n'en sait pas encore assez sur l'immunité dont jouissent les personnes ayant contracté le Covid-19, et rappelle que certains individus ont nouvellement été contaminées.

Le patron de l'OMS a ajouté que les tests de séroprévalence - où le sang est effectué pour les anticorps - suggéraient que seulement 10% des personnes avaient été exposées au coronavirus dans la plupart des pays.

Pour la polio, le seuil est estimé à 80 pour cent. Ce mécanisme d'immunité collective consiste à favoriser soit une grande propagation du vaccin ou favoriser une massive propagation du virus. Certains chercheurs ont fait valoir que permettre au COVID-19 de se propager dans des populations qui ne sont pas manifestement vulnérables aidera à renforcer l'immunité du troupeau et constituait un moyen plus réaliste d'arrêter la pandémie, au lieu des verrouillages restrictifs qui se sont avérés économiquement dévastateurs.

"Il y a environ 40 candidats vaccins qui se trouvent actuellement au stade des essais cliniques, et 10 d'entre eux sont en phase III, c'est-à-dire en phase finale, ce qui nous permettra de connaître à la fois leur efficacité et sécurité", a expliqué aux journalistes la scientifique en chef de l'OMS, la Dr. Soumya Swaminathan.

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