De graves accusations contre le régime Ouattara — Marche d'opposition

13 Octobre, 2020, 04:13 | Auteur: Lynn Cook
  • Pour son premier grand meeting, l'opposition ivoirienne présente un front uni contre Ouattara

Évoquant les griefs de l'opposition, M. Henri Konan Bédié a dit "non au troisième mandat, non à la violation de la Constitution, non à la CEI (Commission électorale indépendante) inféodée (de membres du pouvoir), non au Conseil constitutionnel et non à la liste électorale infestée".

" Nous appelons le président Alassane Ouattara et son principal challenger, l'ancien président Henri Konan Bédié, à s'asseoir à la même table pour discuter afin que nous ayons des élections apaisées le 31 octobre", a affirmé à l'AFP le chanteur Salif Traoré, dit A'Salfo, leader de Magic System.

Il y avait en outre les "frères ennemis" du Front populaire ivoirien (FPI) fondé par Laurent Gbagbo.

Intervenant sur le sujet, Pascal Affi N'Guessan, du FPI, a donné les précisions sur l'objectif. Celles-ci étaient jusqu'à présent irréconciliables.

" Face à la menace d'agressions perceptibles des tenants du pouvoir RHDP unifié contre les personnalités de l'opposition ivoirienne et l'incapacité de la CEI d'organiser un scrutin présidentiel juste, crédible et transparent", Bédié a demandé " solennellement, au Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Antonio Guteres de se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d'un organe électoral, véritablement indépendant et crédible, avant l'élection présidentielle prévue le 31 Octobre 2020 ".

M. Affi N'Guessan, également candidat à la présidentielle, a rappelé le mot d'ordre de "désobéissance civile" lancé par l'opposition et réclamé une "transition politique" en Côte d'Ivoire.

Au Plateau, le centre des Affaires d'Abidjan, abritant le stade et ailleurs, "des gens ont empêché" les populations qui se sont en dépit de cela rassemblées, a déclaré M. Bédié, président de la plateforme de l'opposition dénommée Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (Cdrp).

Samedi, il poursuivait une tournée dans le Nord-Ouest, son fief. Comme une campagne avant l'heure, puisque l'ouverture officielle est fixée au 15 octobre.

Une quinzaine de personnes sont mortes en août dans des violences survenues dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara.

La Constitution ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution de 2016, le compteur des mandats du président en exercice a été remis à zéro, ce que conteste l'opposition.

Quant à Mamadou Koulibaly, un autre candidat recalé, il a montré que M. Ouattara a pour art "de diviser pour régner", avant d'ajouter "il nous a éjecté sans explication" de la course à la présidentielle, en allusion à la décision du Conseil constitutionnel.

Élu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara, 78 ans, avait annoncé en mars qu'il renonçait à briguer un troisième mandat, avant de changer d'avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

A ce meeting, Mme Simone Gbagbo n'a fait aucune déclaration.

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