"France: "l'attaquant au hachoir inculpé pour " tentatives d'assassinat " terroristes

30 Septembre, 2020, 02:48 | Auteur: Lynn Cook
  • Attaque à l'arme blanche près de l’ex-siège de Charlie Hebdo: qui est vraiment l'assaillant

Le haut magistrat est formel: "Son projet initial était de pénétrer dans les locaux du journal, si nécessaire à l'aide du marteau, avant de les incendier" en les aspergeant de liquide inflammable. Un homme de 32 ans et une femme de 28 ans, employés de l'agence Premières Lignes, se trouvaient là et fumaient une cigarette sous la fresque rendant hommage aux victimes des attentats de janvier 2015.

Le principal suspect, Zaheer Hassan Mahmoud, a reconnu avoir attaqué deux personnes dans la rue, pour des motifs religieux. La jeune femme, qui souffre de plaies et fractures au visage s'est vue prescrire 10 jours d'interruption totale de travail (ITT), l'homme, plus grièvement blessé - il souffre notamment de fractures au crâne - est toujours hospitalisé et aura au moins trois mois d'ITT.

Trois jours après l'attaque à l'arme blanche qui a fait deux blessés dans le XIe arrondissement de Paris, le profil de l'assaillant commence à s'affiner, tandis qu'au Pakistan, sa famille présumée se félicite de l'acte commis en "vengeance" à la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo.

Le procureur national antiterroriste a confirmé que le suspect " était totalement inconnu de l'ensemble des services de renseignement " sous ses deux identités.

" En arrivant devant la rue, et en apercevant les victimes, il a pensé que ces dernières travaillaient pour (Charlie Hebdo, NDLR) et a décidé de les attaquer", a-t-il conclu.

Cette reconnaissance de ce qui apparaît comme sa véritable identité, qui n'a pas encore été définitivement authentifiée auprès du Pakistan, est intervenue vers la fin de ses quatre-vingt-seize heures de garde à vue, entamée vendredi midi au moment de son interpellation place de la Bastille peu après les faits et terminée mardi en milieu de journée. Zaheer Hassan M., c'est l'identité qu'il décline sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux.

Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi du Pendjab au Pakistan. Contacté par téléphone par l'AFP, Arshad Mahmoud, qui se présente comme son père, s'est dit "très heureux" et "très fier" des actes de son fils, qui a "protégé l'honneur du Prophète". Son objectif était de rentrer à l'intérieur des locaux et d'y mettre le feu, a précisé le procureur national antiterroriste. Son parcours a ouvert un débat politique en France sur la prise en charge des mineurs isolés. Le terroriste avait également abandonné son sac à dos dans lequel se trouvaient deux bouteilles de white-spirit, un marteau et un billet de train Paris-Annecy datant du 3 septembre au nom de Hassan Ali.

Outre Zaheer Hassan Mahmoud, dix personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête. Parmi celles-ci, le " deuxième suspect", " Youssef ", un Algérien de 33 ans placé en garde à vue vendredi midi et relâché le soir même et qui a fait " preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le mis en cause pour l'arrêter ".

Si Zaheer Hassan Mahmoud n'a prêté "aucune allégeance à un groupe terroriste en particulier", selon Jean-François Ricard, l'analyse de ses téléphones portables retrouvés dans un appartement de Pantin (Seine-Saint-Denis) où il vivait, indique qu'il "regardait des vidéos du fondateur du TLP (Tehreek-e-Labbaik Pakistan), qui a organisé au Pakistan des manifestations suite à la publication de nouvelles caricatures [de Mahomet] dans Charlie Hebdo".

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