Liban : le Premier ministre désigné renonce à former un nouveau gouvernement

28 Septembre, 2020, 10:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Aoun: L'initiative de Macron tient toujours

Car le Liban se retrouve sans la moindre perspective de sortie de crise après le renoncement du Premier ministre désigné Moustapha Adib, incapable de former un gouvernement en raison de querelles politiciennes sur les portefeuilles.

La France, à l'origine d'une initiative pour permettre le déblocage de l'aide internationale, a accusé, par une source proche du président de la république Emmanuel Macron, les partis politiques locaux d'avoir failli à leurs engagements.

La prise de parole d'Emmanuel Macron, devant qui les partis politiques du pays s'étaient engagés, lors de sa deuxième visite à Beyrouth début septembre, à former un cabinet de ministres "compétents" et "indépendants" dans un délai de deux semaines, était donc très attendue.

"Je m'excuse de ne pas pouvoir poursuivre la tâche de former le gouvernement ", a déclaré Moustapha Adib lors d'une allocution télévisée, après de longues négociations pour choisir une équipe gouvernementale approuvée par les différentes forces politiques rivales du pays.

Les efforts de Moustapha Adib entravées par le Hezbollah Les efforts de Moustapha Adib ont notamment été entravés par deux formations chiites, le Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, et son allié Amal, dirigé par le chef du Parlement Nabih Berri, qui réclament le portefeuille des Finances.

De son côté, le président Michel Aoun a "accepté" le renoncement de M. Adib, affirmant qu'il "prendra [it] les mesures appropriées conformément aux exigences de la Constitution" pour désigner un nouveau premier ministre.

Dimanche 27 septembre, le président français Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse à l'Elysée au sujet de la crise économique et politique au Liban.

"L'initiative lancée par le président français Emmanuel Macron est toujours en cours et bénéficie de tout mon soutien", a assuré par ailleurs M. Aoun en référence à la feuille de route mise en place par Paris pour aider le pays à sortir de sa crise.

Cette décision semble marquer l'échec de l'initiative lancée par M. Macron après la tragique explosion du 4 août au port de Beyrouth, nouvelle épreuve pour un pays en proie à la pire crise économique, sociale et politique de son histoire.

Pour le président français, "nous entrons dans une phase où les risques sont bien plus élevés pour le Liban et la région".

En octobre 2019 s'est déclenché un mouvement de contestation populaire contre la classe dirigeante, quasi inchangée depuis des décennies et accusée de corruption. Les milliards de dollars d'aide étant conditionnés par ces réformes.

M. Adib a succédé à Hassan Diab qui avait démissionné après l'explosion dévastatrice le 4 août dans un entrepôt où étaient stockées d'importantes quantités de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth: plus de 190 morts, plus de 6.500 blessés et des quartiers entiers de la capitale détruits.

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